Le taux d'endettement du Gabon est désormais en dessous du critère de convergence de 70 % fixé au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), au terme d'un audit de la dette publique arrêtée au 31 décembre 2025. Dans un communiqué signé le 13 septembre dernier, le ministre des Finances, Thierry Minko, indique qu'à l'issue des travaux, « le comité a arrêté un stock consolidé de référence établi à 9 524,643 milliards de FCFA, sur un stock initial estimé à 11 700 milliards de FCFA au début des travaux ». Le membre du gouvernement précise que ce niveau d'endettement correspond à 68,91 % du PIB nominal 2025 contre 84,6 % auparavant, soit un recul de 15,69 points.
Lire aussi : Dette, gestion budgétaire… : le FMI alerte sur la vulnérabilité du Gabon face aux chocs économiques
Précisons que l'audit sur la dette de Libreville intervient dans un contexte marqué par la demande officielle, en mars 2026, d'un nouveau programme économique et financier avec le FMI. Le Gabon cherche ainsi à rétablir la confiance dans ses finances publiques après le coup d'État d'août 2023 qui a porté Brice Oligui Nguema au pouvoir, et qui avait conduit le FMI à suspendre un programme de 553 millions de dollars alors en cours.
Le retour du Gabon sous le seuil communautaire apparaît donc comme un argument supplémentaire auprès de l'institution de Bretton Woods. Selon Thierry Minko, l'audit a permis au pays d'obtenir une « situation consolidée fiable » des engagements financiers de l'État au 31 décembre 2025, conforme au Manuel de statistiques des finances publiques 2014 et au Guide des statistiques de la dette du secteur public du FMI, « dans un souci de traçabilité et de transparence ». Cet examen avait notamment été motivé par des inquiétudes concernant des projets non réalisés, des fonds non reversés au Trésor et d'autres engagements mal enregistrés comme passifs publics.
EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici
Lire aussi : Gabon : la perspective d’un accord avec le FMI ravive la confiance des investisseurs
À l'appui de cette démarche, le ministre des Finances souligne que le rapport d'audit a été transmis au FMI. Il servira de référence pour les échanges avec les partenaires techniques et financiers, ainsi que pour la définition d'une stratégie soutenable de gestion de la dette, d'apurement progressif des passifs exigibles et de prévention de l'accumulation de nouveaux arriérés. Ainsi, « le gouvernement réaffirme son engagement en faveur de la transparence des finances publiques, de la sincérité de l'information financière et d'une gestion de la dette compatible avec les capacités budgétaires et les contraintes de trésorerie de l'État ».
Lire aussi : Le Gabon nuance les inquiétudes sur sa dette et réaffirme des “échanges constructifs” avec le FMI
À travers cet audit, le Gabon répond ainsi aux recommandations du FMI, qui a toujours souligné « l'importance cruciale de mener des politiques budgétaires et financières prudentes pour préserver la stabilité macroéconomique au Gabon et dans la région ». Un avis partagé par José Mantero, analyste souverain chez Fitch Ratings, qui estimait en mars dernier que « le programme est loin d'être conclu ». Interrogé par Reuters, il expliquait que « d'importants obstacles subsistent, notamment la politique budgétaire expansionniste du gouvernement et la probabilité de réformes drastiques et impopulaires ».
Lire aussi : Le Gabon demande officiellement un programme avec le FMI
Pour sa part, le chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema - qui avait fixé un délai courant jusqu'en mai 2026 pour conclure un nouveau programme - voit au FMI, un « gage de crédibilité destiné à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers et à sécuriser les conditions d'accompagnement du programme national de transformation économique », estimé à 27 000 milliards de FCFA. Pour l'heure, les discussions se poursuivent entre les deux parties. Libreville reste suspendu à la décision du FMI.
Lire aussi : CEMAC : le sommet des chefs d’État reporté à la demande du Gabon










