Le gouvernement gabonais a tenu à clarifier, dimanche, sa situation macroéconomique et l’état de ses relations avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que certaines analyses évoquent des tensions susceptibles de compromettre un éventuel nouveau programme. Contacté par EcoMatin, le ministre de l’Économie Henri-Claude Oyima assure au contraire que la dernière mission du FMI, reçue par le président Brice Oligui Nguema le 5 novembre, s’est déroulée dans un climat “constructif” et que l’institution a "salué les réformes engagées".
Selon un communiqué du gouvernement publié à l’issue de cette visite, le directeur Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, a qualifié de “solides” les orientations économiques du pays et réaffirmé la disponibilité de l’institution à accompagner les priorités de développement du Gabon. Le pays ne dispose actuellement d’aucun programme en cours, son dernier accord MEDC approuvé en 2021 ayant été suspendu après l’échec de la troisième revue en 2023. Mais le gouvernement précise que la coopération se poursuit via une assistance technique.
« Spéculation »
Interrogé en juillet par EcoMatin, Henri-Claude Oyima affirmait que l’urgence n’était pas la signature d’un nouveau programme mais le rétablissement préalable des équilibres internes, en s’appuyant sur une gestion budgétaire rigoureuse. “Le moment venu, si un accompagnement du FMI s’avère pertinent, il s’inscrira naturellement dans cette dynamique”, indiquait-il alors.
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Libreville réfute également toute responsabilité dans d’éventuels déséquilibres qui affecteraient les discussions entre le FMI et d’autres États de la CEMAC. Selon les derniers chiffres validés par la Commission de la CEMAC pour l’exercice 2024, aucun pays de la région ne respecte l’ensemble des quatre critères de convergence. Le Cameroun, la RCA et la Guinée équatoriale en respectent deux ; le Gabon, le Congo et le Tchad un seul. Pour le Gabon, le critère de l’inflation est rempli, avec 1,2 %, tandis que le ratio d’endettement s’élève à 72,8 %, légèrement au-dessus du seuil communautaire de 70 %. Les autorités rappellent que ces données officielles ne couvrent que l’année 2024 et que toute projection portant sur 2025 ou 2026 “relève de la spéculation”.
Le gouvernement reconnaît que le niveau d’endettement a été ajusté après un audit des finances publiques, révélant une sous-déclaration passée des emprunts. Mais il juge infondé tout lien direct avec les programmes du FMI au Tchad ou en Centrafrique. N’Djamena a d’ailleurs obtenu en juillet un accord FEC de 625 millions de dollars, avec un premier décaissement de 38,5 millions déjà approuvé.
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Libreville indique enfin que les discussions techniques concernant les données macroéconomiques 2025-2026 seront transmises “en toute transparence d’ici fin 2026”, une fois le processus budgétaire abouti. Le gouvernement assure que la coopération avec le FMI demeure “ouverte et active”, malgré l’absence de programme formel.



