Les autorités gabonaises souhaitent rouvrir formellement les discussions avec le Fonds Monétaire International (FMI) en vue de poser les jalons d’une économie solide à l’entame du septennat de Brice Clotaire Oligui Nguema élu à l’issue de la présidentielle du 12 avril dernier. Cette volonté s’est clairement exprimée le 12 mai 2025, à l’occasion d’un entretien entre le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, et le représentant résident du FMI, Gbedia Gomez Agou. « Durant nos échanges, le vice-président du gouvernement a demandé au nom du gouvernement, que le Fonds Monétaire International puisse rapidement dépêcher une mission à la mi-juin (2025) afin de pouvoir faire un état de la situation et entamer le resserrement de nos relations. Le vice-président du gouvernement a souligné l’impérieuse nécessité suivant les instructions du chef de l’État, de pouvoir entamer la réussite économique du Gabon tel que le Gabon vient de réussir politiquement », a déclaré l’émissaire de l’institution de Bretton Woods.
En effet, le Gabon n’est actuellement sous aucun programme avec le FMI. Les deux parties ont conclu en juin 2021 un accord, avec pour objectif de soutenir la politique économique et les efforts de réformes du gouvernement visant à renforcer la réponse du pays à la pandémie de Covid-19 et à jeter les bases d’une croissance forte, durable et inclusive. En juin 2022, le pays avait déjà effectué la première et la deuxième revue du programme pour un montant global de 155,2 millions de dollars (environ 96 milliards de Fcfa) décaissés par le FMI. Fin novembre 2023, l’institution financière, qui s’inquiétait déjà de l’impact de la crise russo-ukrainienne déclenchée en février 2022 et d'une résurgence du Covid-19, a mis en suspens la 3e revue du programme « en raison des arriérés récurrents de dette extérieure, des dérapages budgétaires et de la lenteur des progrès des réformes structurelles ».
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Le séjour d’une mission du FMI au Gabon pourrait donc avoir pour objectif, soit de poursuivre le programme économique et financier engagé depuis 4 ans en y introduisant des ajustements ou au contraire, conclure un nouveau programme d’autant plus que le pays a assisté à un changement au niveau de son exécutif entretemps. Ainsi, deux ans, après que le programme a été suspendu, ce bailleur de fonds semble galvanisé par un certain nombre de facteurs susceptibles de renforcer la crédibilité du Gabon auprès de ses partenaires techniques et financiers.
Tout d’abord, le gouvernement gabonais a annoncé le 18 mars 2025 avoir procédé à l’apurement de tous les arriérés dus à la Banque mondiale, d’un montant total de 17,9 milliards de FCFA. De plus, le pays a organisé le 12 avril dernier une élection présidentielle qui s’est déroulée sans aucun incident, à la satisfaction de tous les observateurs nationaux et internationaux. Enfin, ce pays de la Cemac a officiellement réintégré l’Union africaine (UA) le 30 avril 2025 après y avoir été suspendu pendant environ 20 mois suite au coup d’État qui a renversé Ali Bongo et porté Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir.
Il convient de souligner que dans une note d’analyse publiée le 24 janvier 2025, l'agence américaine Fitch Ratings prévoyait déjà ce scénario en perspective. « Nous nous attendons à ce que les autorités demandent un programme du FMI en 2025, mais le FMI ne devrait pas ouvrir de négociations avant les élections présidentielles [du 12 avril 2025] », affirmait l’agence de notation qui, le 8 mai dernier, a mentionné des « perspectives améliorées pour un programme du FMI avec le Gabon ». Bien menée, la relance du programme avec le FMI pourrait être une aubaine pour le Gabon qui fait face à de nombreux défis, notamment la dette évaluée à plus de 7 000 milliards de FCFA pour un taux d’endettement prévu à près de 80% du PIB en 2025, selon la même institution.
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