Le Cameroun a gagné huit points en matière de transparence budgétaire entre 2023 et 2025, selon l'International Budget Partnership (IBP), une organisation internationale à but non lucratif basée à Washington, qui œuvre pour des budgets publics plus transparents et plus participatifs. À en croire les données consultées par EcoMatin, Yaoundé est passé d'une note de 50/100 en 2023 à 58/100 en 2025.
En Afrique subsaharienne, le Cameroun se hisse ainsi au deuxième rang et devance désormais la Côte d'Ivoire, reléguée à la troisième place bien qu'elle ait gagné un point. Celle-ci affichait 54/100 en 2023. Le Bénin, qui a perdu des points, enregistre 77/100 et demeure en tête de la région en matière de transparence budgétaire. Cette embellie pourrait servir d'argument au Cameroun, qui intensifie les négociations pour obtenir un nouveau programme économique avec le FMI, projeté pour 2027.
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Pour la Direction générale du budget, « cette performance est particulièrement portée par la publication en ligne du "rapport d'audit" produit par la Chambre des comptes ». La Banque africaine de développement (BAD) estime, de son côté, que la récente réforme portant suspension des chapitres communs renforce la sincérité des dépenses publiques et la crédibilité de la transparence budgétaire. Le Cameroun reste toutefois en deçà du seuil de 61/100, à partir duquel l'IBP considère qu'un pays publie suffisamment d'informations budgétaires, ce qui traduit une fourniture encore limitée d'informations par le gouvernement sur ses principaux documents budgétaires.
La participation du public recule fortement. Cet indicateur examine les possibilités formelles offertes aux citoyens pour intervenir aux différentes étapes du processus budgétaire. La note du Cameroun est tombée de 20/100 en 2023 à 9/100 en 2025, soit 11 points de moins, et se situe désormais sous la moyenne mondiale de 17/100. Le contrôle budgétaire, pour sa part, stagne. Cet indicateur évalue le rôle des parlements et des institutions supérieures de contrôle (ISC) dans le processus budgétaire, ainsi que l'efficacité de leur surveillance. Le Cameroun conserve la même note de 33/100 qu'en 2023.
Pour inverser la tendance, l'IBP formule plusieurs recommandations.
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Le gouvernement devrait déposer au Parlement le projet de budget de l'exécutif « au moins deux mois avant » le début de l'exercice, et rendre le rapport d'audit plus précis, avec un résumé exécutif et le détail des mesures prises pour répondre aux recommandations des auditeurs. Le Parlement devrait, pour sa part, permettre au public et aux organisations de la société civile de témoigner lors des auditions sur le projet de budget, avant son approbation. Quant à la Chambre des comptes de la Cour suprême, elle est invitée à mettre en place des mécanismes officiels permettant aux citoyens de contribuer à son programme d'audit et de participer à certaines enquêtes.
Ces recommandations prennent d'autant plus de sens que la BAD estime que le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures passe par un lien plus explicite entre réformes fiscales et « améliorations inclusives et visibles de la prestation de services ». L'objectif : rétablir la confiance entre citoyens et institutions publiques. Selon l'institution, lorsque le lien entre l'impôt et les services publics est faible, le civisme fiscal recule, le consentement volontaire à l'impôt s'érode et l'assiette fiscale effective reste limitée.








