Christian Yoka est le nouveau ministre de l’Economie, des Finances et du Budget en République du Congo. Il remplace, à la suite d’un remaniement ministériel partiel survenu le 11 janvier dernier, Jean-Baptiste Ondaye à ce poste depuis septembre 2022. Le nouveau ministre il est, depuis 2021, directeur du département Afrique au sein de l’Agence Française de Développement (AFD). 20 ans d’expérience au sein de cette institution internationale qui l’ont mené à diriger des projets structurants dans 13 pays à travers l’Afrique (Cameroun, RCA, Guinée équatoriale, Ethiopie, RDC, Kenya, Ouganda, Somalie, Tanzanie etc) et qui ont motivé le choix du président congolais.
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De fait, Christian Yoka est choisi par Sassou N’Guesso pour tenter de redorer l’image du Congo sur les différents marchés financiers. L’une des principales missions du nouveau ministre sera de rétablir la confiance des investisseurs envers le pays afin de stimuler les investissements étrangers et nationaux. Les investissements directs étrangers (IDE), comme les autres types d’investissements, affichent une chute continuelle sur ces dernières années, passant de 3,9 milliards de dollars captés en 2018 à 626 millions de dollars en 2023. De fait, le pays fait face à une « Crise de confiance » de la part des investisseurs à cause de la valeur de sa dette qui va en grandissant et frôle 100% du PIB. Au 31 décembre 2023, l’encours de la dette du Congo a atteint 8 497,4 milliards de Fcfa soit 98,96% du PIB, bien au-dessus du seuil de 70% autorisé en zone Cemac. Deuxième niveau le plus haut depuis 108% enregistré en 2021, il reflète principalement la reconnaissance d’un montant important d’arriérés nationaux qui a valu au pays une note dépréciative de la part de l’agence de notation Fitch en septembre dernier.
L’agence rappelait à ce moment-là que le Congo affiche « une dette publique élevée, des indicateurs de gouvernance faibles, une forte dépendance à l’égard du pétrole et une mauvaise gestion des finances publiques ». Ce dernier point correspond à la seconde priorité de Christian Yoka lors de son mandat. Il est attendu de celui-ci l'amélioration de la transparence budgétaire, la réduction des déficits, l'optimisation du système fiscal et l'assainissement des finances publiques ; de quoi renforcer la gestion des finances publiques et limiter les potentiels défauts de paiements à venir. Titulaire d'un Diplôme d'Études Supérieures Spécialisées (DESS) en droit et fiscalité de l'Université Paris Panthéon-Sorbonne et d’un master en droit bancaire et financier à l'Université de Boston, Christian Yoka aura la charge de gérer le budget de l’Etat arrêté à 2 550,6 milliards de Fcfa en recettes et 2 198 milliards en dépenses pour le compte de l’exercice 2025.
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Enfin, le nouveau ministre devra optimiser la collecte des recettes et des fonds mais également rediriger les futurs investissements dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie pour diversifier son économie fortement dominée par le secteur pétrolier. Il portera aussi le flambeau de l’inclusion financière et sociale à travers la promotion de politiques économiques inclusives, le soutien aux petites et moyennes entreprises locales, la création d'emplois et la réduction des inégalités sociales.
A noter que, depuis le depuis de l’année 2025 la République du Congo n’a enregistré aucune activité sur le marché des titres publics de la Cemac. Le pays compte sur le nouvel argentier pour mobiliser 214 milliards de Fcfa durant 2025 sur les différents marchés financiers dont 129 milliards en emprunts à court, moyen et long terme et 85 milliards en emprunts obligataires. Le pays prévoit également de rembourser 327 milliards de Fcfa d’emprunts extérieurs (capital et intérêts) selon la loi de Finances 2025.

