Selon le récent ‘’Rapport sur la viabilité de la dette du Gabon’’ produit par la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank), le taux d’endettement du pays devrait s’éloigner du seuil de 70% du PIB admis à la CEMAC au cours des quatre prochaines années. « Le Gabon fait face à des risques importants pour la soutenabilité de sa dette, comme le montrent les projections du FMI dans le cadre du Cadre de Risque Souverain et de Soutenabilité de la Dette (SRDSF). Les projections indiquent une trajectoire à la hausse de la dette publique, le ratio dette/PIB devant dépasser 100 % d'ici 2029 », alerte l’institution panafricaine.
L'institution panafricaine attribue ses prévisions pessimistes à une série de « pressions fiscales croissantes ». Celles-ci résultent d’une « gouvernance faible » ainsi que de « mauvais antécédents de paiement » (arriérés) qui contribueraient aux déséquilibres et au creusement de la dette. De plus, le rapport alerte sur une forte dépendance aux exportations de pétrole, qui rend le pays d’Oligui Nguema particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux et aux chocs externes. Cette dépendance amplifie l’exposition du Gabon à la volatilité des prix des matières premières, accentuant son risque budgétaire. « Les tests de résistance suggèrent que le Gabon dispose d'une capacité limitée à absorber les chocs économiques, avec des dépassements potentiels des seuils d'endettement en cas de baisse des revenus pétroliers ou de resserrement des conditions financières mondiales », avertit l'institution.
Pour maîtriser l'augmentation prévue de sa dette, Afreximbank souligne l’urgence d’une consolidation budgétaire, l’amélioration de sa gouvernance et la diversification de son économie pour ne pas s’exposer à des déséquilibres budgétaires prolongés et à une explosion des coûts d'emprunt. Soulignons que le taux d’endettement global du Gabon est projeté à la hausse alors que les indicateurs de dette extérieure restent pour l’heure sous le seuil de soutenabilité de 50 %. En 2020, le ratio avait atteint un pic de 50,38% à la suite des perturbations économiques causées par la pandémie de COVID-19.Le ratio a ensuite diminué en 2022 (39,6 % du PIB) et 2023 (42,6 % du PIB).Après une hausse à 47,3 % en 2024, le taux de la dette extérieure devrait s’établir à 36,8 % d'ici 2028, d’après Afreximbank.
Il convient de relever un désaccord sur les méthodes de calcul du taux d'endettement entre le gouvernement gabonais et les institutions financières internationales. La preuve, à fin 2024, le Gabon a revendiqué un taux d’endettement de 55,7 % (contre 58,2 % un an plus tôt),affichant l’intention de le réduire à 52,8%du PIB en 2025 ; 39,1% du PIB en 2027, 34,5% du PIB en 2028 et 35,3% du PIB en 2029. « Sur la période 2025-2039, le taux d’endettement évoluerait continuellement à la baisse. Cette embellie résulterait d’une part, du recours modéré à l’endettement supplémentaire, et à l’augmentation du produit intérieur brut », projette la ‘’Stratégie d’endettement de l'Etat ", annexée à la loi de finances 2025.
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En revanche, les chiffres des partenaires de Libreville sont nettement supérieurs : l’agence de notation américaine Fitch Rating a pointé un taux de 71 % du PIB en 2023 et 67 % en 2024. Quant au FMI et à la BAD, leurs estimations s'élevaient à 70,6 % du PIB en 2023 et 73,4 % en2024. De plus, les projections des institutions internationales confirment une trajectoire à la hausse : le FMI anticipe 79,2 % en 2025, la BAD table sur 83,9% en 2026, et le FMI/Banque mondiale projettent 86,1 % d'ici 2027.
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