Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Cemac : pourquoi les taux de pondération de la Cobac vont durcir les conditions d’emprunt pour les États

La décision de la COBAC de réattribuer les taux de pondération sur la base du respect des critères de convergence a suscité un tollé général dans l’industrie financière régionale. Une décision, qui a été longtemps recommandée par le FMI afin de réduire l’exposition des banques au risque souverain. Les États de la CEMAC pourraient cependant en payer le tribut. Explications.

Publiée mardi 5 novembre 2024 à 09:50:16Modifiée mardi 5 novembre 2024 à 16:27:58Temps de lecture 4 minPar René Ombala

Marcel Ondele, futur SG de la Cobac
Marcel Ondele, le Secrétaire général de la Cobac

La nouvelle est tombée tel un couperet dans l’industrie financière de la CEMAC. Dans une lettre circulaire signée le 18 octobre dernier et adressée à l’Association professionnelle des Établissements de crédits de la CEMAC, le Secrétaire général de la COBAC édicte de nouvelles pondérations qui seront appliquées aux États en 2024 et 2025. Ces taux sont de 80% pour le Congo, 85% pour la Guinée Équatoriale et la RCA ; 90% pour le Cameroun et le Tchad, et 100 % pour le Gabon. « Je vous invite à tenir compte, jusqu'à nouvel avis, des taux de pondération présentés dans le tableau ci-dessus dans le cadre de la détermination des normes établies par les règlements sus-cités », écrit Marcel Ondele.

Critères de convergence

Selon le dirigeant, ces taux ont été définis sur la base du rapport de surveillance multilatérale pour le compte de l’année 2023, adopté lors de la 42e session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEAC. Conformément au règlement R-2010/01 de la COBAC, le taux de pondération est de 65% lorsqu’un pays accumule des arriérés sur sa dette ; 20% lorsque le solde budgétaire est supérieur ou égal à -1,5% ; 10% lorsque la dette publique dépasse 70% du PIB et 5% lorsque le taux d’inflation est supérieur au seul communautaire de 3%. Selon la COBAC, aucun pays ne respecte le critère de non-accumulation des arriérés. Le Congo est le seul à avoir un solde budgétaire excédentaire, tandis que le seuil d’inflation n’est effectif qu’en Guinée Équatoriale et en RCA. Le Cameroun ne respecte qu’un seul critère, celui du taux d’endettement, et le Gabon est en infraction sur la totalité des exigences, d’où la pondération de 100 % qui lui est appliquée.

Quelles conséquences ?

La conséquence de cette décision est que les banques et établissements financiers qui vont prêter de l’argent aux États sur cette période seront contraints de disposer de fonds propres équivalents au taux de pondération du prêt octroyé et ce durant toute la durée de vie de l’emprunt. Ce mécanisme quasi-similaire à celui des provisions permet à la banque de couvrir tout risque de défaillance, car la COBAC considère que le non-respect des critères de convergence sus évoqué constitue un risque important de solvabilité. Par exemple, une banque qui a un portefeuille de créances de 10 milliards de FCFA vis-à-vis de l’État du Tchad doit disposer dans ses fonds propres de 90% de ce montant, soit 9 milliards de FCFA en vue de couvrir tout risque de défaillance. Jusqu’ici, ce taux était de 0%, les prêteurs ayant comme garantie le mécanisme de débit d’office mis en place par la BEAC qui consiste à prélever automatiquement dans les comptes des États pour assurer les remboursements intérieurs. Ainsi avec la nouvelle pondération est que les banques vont réduire leur exposition sur les prêts souverains n’ayant plus suffisamment de liquidités. Cela devrait se traduire lors des séances d’adjudication sur le marché des titres publics.

Lire aussi : Cobac, CDEC, BEAC… : vers une solution concertée sur la gestion des avoirs en déshérence au Cameroun

Pour les États, cette situation pourrait compromettre l’atteinte des objectifs budgétaires, car depuis quelques années, le marché des titres publics est devenu un espace incontournable de mobilisation des ressources de trésorerie face au durcissement des conditions financières mondiales. Avec la raréfaction de la liquidité qui se dessine, les États devraient étudier d’autres mécanismes de financement ou à défaut, travailler à améliorer leur situation budgétaire et économique afin de continuer à bénéficier des financements à des conditions moins rigides.

Pressé par le FMI

La décision de la COBAC d’appliquer le règlement intervient après une série de plaidoyers du Fonds monétaire International (FMI) dans le cadre des échanges avec les autorités régionales. Dans un rapport publié en mai dernier, l’institution explique que la pondération de risque nulle systématique attribuée par la COBAC a grandement contribué à renforcer l’exposition des banques sur le risque souverain jugé « excessivement élevé ». À fin 2023, les États pesaient environ 31% du total actif des banques (contre 10% en 2015) avec plusieurs banques qui se situaient au-dessus de 50%, ce qui constitue un “risque important pour la stabilité du système financier”, selon le FMI. Cette dynamique a été encouragée par la forte sollicitation sur le marché des titres publics. Lancé en 2011, l'encours des dettes y a été multiplié par six entre juin 2018 (1 019 milliards FCFA) et mars 2024 (6 624 milliards FCFA), dont près de 80% détenu par les banques.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Cemac : pourquoi les taux de pondération de la Cobac vont durcir les conditions d’emprunt pour les États
BEACCobaccemacArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Ministère de l'Economie et des Finances de BrazzavilleBanques et FinanceCongo : les banques signalent leurs limites face à l’accumulation des titres publicsPour desserrer cette dépendance, Brazzaville veut désormais élargir sa base d’investisseurs et rendre ses obligations plus liquides sur le marché secondaire.​il y a 1 heureWhatsApp Image 2026-09-14 at 08.51.51Banques et FinanceClément Kemayou et Bogni Ngueya, le tandem chargé de transformer NOFIAAprès avoir piloté pendant un an le redressement de NOFIA comme administrateur provisoire, Bogni Ngueya en prend désormais la direction générale aux côtés de Clément Kemayou, nommé président du conseil d'administration. Le tandem hérite d'une microfinance recapitalisée à 8,2 milliards de FCFA et affiche déjà une nouvelle cible : rejoindre le Top 5 camerounais.il y a 3 heuresNofiaBanques et FinanceMicrofinance : NOFIA sort de l’administration provisoire et vise le top 5 du marché camerounaisPlacée sous administration provisoire par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) en septembre 2025, NOFIA S.A. retrouve une gouvernance normale. La microfinance camerounaise sort de douze mois de restructuration avec un capital porté de 1,2 à 8,2 milliards de FCFA et un portefeuille à risque ramené de 32,39 % à moins de 4 %.​​il y a 3 heuresLes Dirigeants de Bamboo Microfinance et d'Africa Bright Securities Présentent l'OpérationBanques et FinanceBamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAMille FCFA pour une obligation. Bamboo Microfinance casse les codes du marché obligataire de la CEMAC. Présentée aux investisseurs à Douala, son émission de 5 milliards de FCFA entend notamment élargir l’accès à ce type de placement.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-09-12 at 11.44.15 AMBanques et FinanceCEMAC : pour Charlotte Kouecheu, des banques mieux capitalisées peuvent davantage financer l’économiePrendre davantage de risques, financer des projets plus ambitieux et mieux absorber les défauts… Pour Charlotte Kouecheu Chekep, DG d’Union Bank of Cameroon, le passage du capital minimum des banques de 10 à 25 milliards de FCFA peut faire plus que consolider leurs bilans.il y a 2 joursESS Bourse2Banques et FinanceESS Bourse renforce ses standards de qualité avec une certification ISO 9001:2015La société de bourse du groupe Emrald Securities Services (ESS), implantée à Douala et Libreville, renforce ses standards de qualité avec l'obtention de sa première certification ISO 9001:2015, couvrant ses activités de conseil financier, d'intermédiation financière et de tenue de comptes-titres sur le marché financier de la CEMAC.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 1 semaine2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 5 jours3Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 6 jours4Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 3 jours5Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 6 jours6Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 3 jours7Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 6 jours8Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 6 jours9La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 5 jours10Cameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.