Plus de 50 partenaires financiers ont manifesté leur intérêt pour le financement du barrage hydroélectrique de Kikot (500 MW), selon Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC), la société détenue à parts égales par l'État camerounais et EDF qui porte le projet. Leur identité n'a toutefois pas été dévoilée à la presse lors de l'ouverture, le 15 septembre à Yaoundé, des discussions avec les potentiels prêteurs.
Ces investisseurs ont été identifiés à l'issue d'un sondage de marché réalisé par KHPC avec l'appui d'un cabinet financier. « Cet exercice a permis d'identifier plus de 50 partenaires financiers qui ont manifesté leur intérêt à ce projet », a déclaré Ahmat Tom, président du conseil d'administration de KHPC. La société prévoit désormais d'engager des discussions bilatérales avec chacun des prêteurs potentiels, avant une conférence des bailleurs envisagée par le gouvernement.
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L'enjeu est de boucler le financement de ce barrage de 500 MW, appelé à devenir, selon KHPC, la plus grande infrastructure hydroélectrique du Cameroun et d'Afrique centrale. Le projet, développé sur le fleuve Sanaga par l'État et EDF, reprend le modèle de partenariat expérimenté avec Nachtigal (420 MW), dont la construction a mobilisé 1,2 milliard d'euros, soit environ 787 milliards de FCFA, auprès notamment de la Société financière internationale (SFI) et d'autres partenaires.
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Le financement à boucler
Le projet de Kikot est évalué à 872 milliards de FCFA, lignes électriques associées comprises, dans le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 publié en juillet 2026 par la Direction générale du Budget. Une correspondance du PCA de KHPC adressée au ministère de l'Eau et de l'Énergie en septembre 2025 faisait, elle, état d'un besoin de financement de 1 620 milliards de FCFA. Pour aller chercher les financements, KHPC met en avant les avancées enregistrées dans le développement du projet. Ahmat Tom cite notamment « l'achèvement des études APD, l'obtention du certificat de conformité environnemental et social, la signature des décrets d'indemnisation ». Les entreprises appelées à intervenir sur les principaux lots de construction ont également été préqualifiées, tandis que les discussions se poursuivent avec l'Autorité de régulation du secteur de l'électricité (Arsel) pour l'obtention du titre de concession.
« Les principaux éléments de maturité de ce projet sont disponibles », estime le PCA de KHPC. L'entreprise veut désormais accélérer la recherche des financements pour un ouvrage présenté comme nécessaire à l'équilibre du réseau électrique. Selon Ahmat Tom, le Cameroun pourrait être confronté à un déséquilibre entre l'offre et la demande dès 2027 si de nouvelles capacités ne sont pas mises en service. Devant les potentiels prêteurs, le dirigeant a surtout insisté sur le coût économique d'un retard : « chaque mois de retard dans la réalisation du barrage de Kikot représente des GWh qui manquent au rendez-vous, des revenus du secteur différés, des points en moins au PIB du Cameroun ».
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