Au Congo, les exportations de pétrole brut vers le Vietnam ont rapporté 148,3 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, bousculant la hiérarchie des partenaires commerciaux du pays. Selon le Bulletin des statistiques du commerce extérieur de l’Institut National de la Statistique (INS), l’or noir fait une entrée fracassante dans les échanges bilatéraux, propulsant le pays d'Asie du Sud-Est au quatrième rang des clients de Brazzaville. « Le premier pays partenaire du Congo à l’exportation au deuxième trimestre 2026 est la République Populaire de Chine avec 613,18 milliards de FCFA […]. Elle est suivie de très loin par les Pays-Bas (200,52 milliards), la République de Corée (164,28 milliards) et le Vietnam (151,05 milliards) », précise l’INS. Cette percée spectaculaire relègue derrière Hanoï des acheteurs historiques comme la Belgique, Singapour, l'Inde et l'Italie.
Sur cette enveloppe globale de 151 milliards de FCFA engrangée grâce au marché vietnamien, le pétrole se taille la part du lion avec 148,3 milliards, soit plus de 98 % des flux commerciaux absorbés par le pays et 10,14 % des recettes totales d'exportation du Congo sur la période. Bien que les volumes exacts n’aient pas été révélés, cette donne redéfinit un axe jusqu'ici centré sur le bois scié. Les exportations de ce dernier ont d'ailleurs chuté de plus de 35 %, passant de 3,4 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2025 à 2,2 milliards un an plus tard.
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Ce tournant inédit trouve ses origines en mai 2026. La raffinerie et complexe pétrochimique de Nghi Son (NSRP), dans la province vietnamienne de Thanh Hoa, annonçait alors avoir réceptionné plus de 950 000 barils de brut de qualité « Djéno Mélange » en provenance du Congo. Cette première incursion sur le marché vietnamien a été favorisée par la recherche d’alternatives face à la crise au Moyen-Orient et aux risques de blocus dans le détroit d’Ormuz. En glissement annuel, l'effet de ces barils est radical : les recettes totales d’exportation congolaises vers Hanoï ont été multipliées par plus de 44, bondissant de 3,4 milliards à 151,05 milliards de FCFA.
Outre cette manne pétrolière, le Vietnam a amorcé une diversification de ses achats au Congo en se procurant des gommes, des résines, des ouvrages en fer ou en acier, ainsi que des composants mécaniques. Une dynamique commerciale qui devrait s'intensifier avec la persistance des tensions au Moyen-Orient. Le 1er octobre, le directeur général de la NSRP, Le Nguyen Quoc Vinh, a d'ailleurs confirmé que la plus grande raffinerie du Vietnam misait davantage sur le brut congolais, aux côtés de l'Angola, du Koweït ou encore des États-Unis, pour faire tourner ses installations de 200 000 barils par jour à 125 % de leur capacité nominale jusqu’à la fin novembre.
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