À la fin 2025, l’Asie a renforcé son emprise sur les exportations du Congo. Selon le « Bulletin statistique du commerce extérieur » du ministère de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale, six pays asiatiques figurent désormais parmi les dix principaux clients de Brazzaville, contre cinq un an plus tôt. À eux seuls, ces partenaires ont absorbé 87,54 % des exportations congolaises, évaluées à 4 038,4 milliards FCFA, contre 74,35 % en 2024, soit un gain spectaculaire de plus de 13 points de parts de marché en un an.
Cette dynamique reste largement dominée par la Chine, premier client du Congo, dont les achats ont atteint 2 907,9 milliards FCFA en 2025, représentant désormais 72 % des exportations du pays, contre 54,46 % un an plus tôt. Selon le ministère de l’Économie, « cette position de la Chine s’explique principalement par le volume très élevé des exportations de pétrole brut », lesquelles ont généré à elles seules 2 812 milliards FCFA, soit près de 70 % de l’ensemble des ventes congolaises à l’international.
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Derrière Pékin, la Malaisie progresse fortement et devient le deuxième client du Congo avec 5,04 % des parts de marché, contre 3,17 % en 2024. Les Pays-Bas, historiquement parmi les principaux débouchés européens du pétrole congolais, rétrogradent à la troisième place avec seulement 3,57 % des achats. L’Italie, elle, disparaît du top 10 des principaux clients du pays. Sur le continent africain, le Togo demeure le seul pays présent dans ce classement depuis deux ans. Avec 143,9 milliards FCFA d’achats, soit 3,57 % des parts de marché, Lomé grimpe du 7e au 4e rang. Aucun pays de la CEMAC ne figure parmi les principaux débouchés commerciaux du Congo.
Globalement, l’Europe poursuit son décrochage dans le commerce extérieur congolais. Sa part est tombée à 6,85 % en 2025, contre près de 21 % un an plus tôt. À l’inverse, l’Afrique progresse légèrement à 5,27 %, tandis que l’Amérique, le Proche-Orient et l’Océanie restent marginaux avec moins de 1 % des échanges chacun. Cette montée en puissance de l’Asie pourrait encore s’accélérer dans les prochaines années sous l’effet du rapprochement commercial entre Brazzaville et Pékin.
Le 26 février dernier, le Congo et la Chine ont officiellement lancé la mise en œuvre du Contrat de partenariat économique pour le développement partagé sur les récoltes précoces (CADEPA), signé quelques mois plus tôt.
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Cet accord prévoit un régime de tarif douanier zéro sur plusieurs produits congolais exportés vers la Chine. Concrètement, Brazzaville pourra désormais exporter sans droits de douane des produits comme le cacao, l’arachide, le sel de potassium ou encore le poria coco vers le marché chinois. Pour les autorités congolaises, ce mécanisme doit favoriser la diversification des exportations, encore largement dépendantes du pétrole brut et du bois. « Cette journée est un grand jour car nous assistons à la mise en œuvre effective du principe du zéro pour cent de tarif douanier », avait déclaré Denis Christel Sassou-Nguesso, ministre de la Coopération internationale et du Partenariat public-privé, lors du lancement du dispositif à Brazzaville.
Cette initiative s’inscrit plus largement dans la stratégie chinoise de suppression progressive des droits de douane pour 53 pays africains à partir du 1er mai 2026. Une politique destinée à renforcer davantage les échanges commerciaux sino-africains, alors que la Chine demeure le premier partenaire commercial du continent depuis 2008.
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