L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) poursuit son programme d’aide au retour et à la réinsertion des Camerounais revenus volontairement de France. Lors d’une session du comité de sélection, tenue ce 22 septembre à la Résidence de l’Ambassade de France au Cameroun, 11 projets ont été examinés dont sept ont été retenus. Les projets sélectionnés devraient générer une dizaine d’emplois directs et portent notamment sur l’agriculture, l’élevage, le commerce et les services. Le dispositif prévoit une aide pouvant atteindre 43 millions FCFA en raison de 6 300 euros par projet, soit environ 4,1 millions de FCFA.
Mis en œuvre au Cameroun depuis 2012, le dispositif a déjà accompagné 326 Camerounais, pour plus d’un milliard de FCFA. Les projets sont examinés après une étude de faisabilité. « Un candidat ajourné peut revenir une deuxième fois, avec le même projet mieux préparé ou avec un autre projet », précise Augustin Février, directeur de la représentation de l’OFII au Cameroun, également compétente pour le Gabon, le Congo et la RDC.
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Plusieurs projets présentés mardi concernent l’aviculture. L’un prévoit une production de 6 000 poulets par an à Yaoundé, avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 24 millions de FCFA et un résultat net de 2,8 millions dès la première année. « Je compte commencer avec une production de 6 000 poulets par an, avant d’élargir progressivement la chaîne de valeur », explique le candidat, qui prévoit de transformer et commercialiser du poulet fumé.
Autre candidat, Augustin Tchuente souhaite relancer une activité d’élevage déjà amorcée avec un proche avant son départ en France. Rentré depuis un an et sept mois après l’arrêt de sa demande d’asile, il dispose d’un local en location dans la capitale camerounaise mais manque de moyens pour acheter poussins, matériel et alimentation. « J’ai besoin de moyens pour pouvoir réellement démarrer. À l’avenir, je souhaite continuer dans cette activité, la développer et trouver des partenaires qui pourront m’aider à la faire grandir. »
L’OFII assure ensuite un suivi des projets durant leur première année, complété par des visites régulières. « Au bout de cinq ans d’activité, nous estimons qu’environ 55 % des entreprises accompagnées sont toujours en activité », indique Augustin Février. Le dispositif comprend également une aide à la réinsertion sociale, plafonnée à 400 euros, et une aide à la réinsertion par l’emploi pouvant atteindre 4 000 euros. Environ 40 aides à la réinsertion sont accordées chaque année au Cameroun. Pour les enfants, l’aide sociale peut atteindre 300 euros par enfant dans le cadre du retour volontaire.
L’OFII entend enfin renforcer l’accompagnement social des bénéficiaires, notamment le suivi psychologique. « J’aimerais à terme développer davantage l’accompagnement social, notamment avec un volet de suivi psychologique ou de sensibilisation », souligne le directeur, qui envisage aussi des partenariats avec des associations spécialisées dans les violences faites aux femmes et les abus.

Augustin Fevrier, Directeur de ma représentation OFII au Cameroun : « Nous accompagnons aussi bien des hommes que des femmes, diplômés ou non. À moyen terme, nous nous attendons à rester sur des volumes relativement similaires, notamment en 2027. Mais si une volonté politique de mieux valoriser le dispositif de réinsertion se développe, en France ou au Cameroun, notamment à travers la communication et les partenariats, les chiffres pourraient augmenter. »

Christelle Eken Tchatchoua, maquilleuse artistique et bénéficiaire du programme de réinsertion de l’OFII : « J’ai passé trois ans en France avant de choisir le retour volontaire le 13 novembre 2025. J’ai présenté à l’OFII mon projet afro-artistique autour de mon livre « Infini Revive », disponible sur Amazon, que j’ai commencé à développer à Paris. J’attends de l’OFII un accompagnement financier, mais aussi un soutien pour pouvoir présenter mon travail dans des galeries à Paris, notamment à travers des expositions. À travers mon activité, je veux surtout contribuer à faire revenir les jeunes Africaines vers leur identité et valoriser la beauté afro. »
Williamson Ndo Ndo, champion de France de Karaté et bénéficiaire du programme de réinsertion de l’OFII : « J'ai choisi de quitter la France après 17 ans d'expatriation pour concrétiser mon projet d’entreprise à Sangmélima, grâce à l'accompagnement de l'OFII. Fort de mon expérience dans la restauration rapide en Europe, je développe un projet d’élevage avicole qui s’appuie sur un bien immobilier que je détiens déjà. Mon projet devrait évoluer vers la transformation, la restauration rapide, ainsi qu'un complexe hôtelier et de loisirs, avec l'objectif de créer au moins 15 emplois d'ici deux ans et de contribuer activement au développement de ma région natale. »















