Le président camerounais Paul Biya a signé, le 19 mai dernier, un décret portant classement au domaine public artificiel pour la réalisation du barrage et des aménagements connexes du projet d’aménagement hydroélectrique de Kikot dans le département de la Sanaga Maritime, région du Littoral. Concrètement, il s’agit de parcelles appartenant à des particuliers situés aux encablures du site du projet, désormais déclarées d’utilité publique. En effet, le décret porte « classement au domaine public artificiel des terrains d’une superficie totale de 527 ha 93c 33a, nécessaires aux travaux de construction du barrage et des aménagements connexes du projet d’aménagement hydroélectrique de Kikot, et l’indemnisation des personnes victimes de destruction des biens dans le cadre desdits travaux ».
Les limites définies par les coordonnées cadastrales révèlent 205 titres fonciers à exproprier. Les détenteurs de ces titres fonciers impactés par le projet seront indemnisés selon la réglementation en vigueur, précise le décret présidentiel. Celui-ci vient pour ainsi dire, marquer une étape cruciale vers la matérialisation du projet de Kikot annoncé depuis des années quand on sait que la non-libération des emprises constitue l'un des principaux goulots d'étranglement à l'exécution de nombreux travaux publics.
Pour l’heure, aucune donnée ne filtre sur l’enveloppe à débloquer pour dédommager les populations affectées. Toutefois, le coût prévisionnel du projet, lui, est connu. À en croire la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le gestionnaire de la dette publique du Cameroun, le closing financier est prévu en avril 2026, avec un coût de construction estimé à environ 1 050 milliards de FCFA. L’État contribuera à hauteur de 150 milliards de FCFA tandis que le reste du financement sera mobilisé auprès des prêteurs et d'Électricité de France (EDF). Par ailleurs, la construction est prévue sur la période allant de 2026 à 2031, et la mise en service devrait intervenir en 2031.
Pour rappel, Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC), société de droit camerounais créée en septembre 2023 et détenue à 50 % par l’État du Cameroun et 50 % par EDF, est chargée d’assurer la conception, le développement, la construction et l’exploitation de l’aménagement hydroélectrique de Kikot-Mbebe sur la Sanaga (le plus long fleuve du Cameroun avec 918 km). L’entreprise prévoit installer une puissance énergétique de 500 MW, soit 50 MW de plus que Nachtigal, intégralement mis en service en mars dernier.
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Avec cette capacité et une éventuelle réalisation d’autres projets hydroélectriques, le Cameroun pourrait atteindre une capacité installée de 5000 MW ciblée en 2030 contre environ 2 000 MW à l’heure actuelle. « Les ouvrages de production comprennent principalement : un barrage de retenue de 35 m de hauteur et 1200 m de linéaire ; usine de production d’électricité équipée de 6 turbines ; une ligne de transport d’énergie très haute tension à 400 kilovolts (kV), sur 40 km, reliant la centrale jusqu’au point de connexion au RIS, à Boumnyebel », décrit KHPC.
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