Les statistiques semblent alarmantes : 656 événements liés au péril aviaire et animalier ont été recensés au Cameroun entre janvier 2019 et juin 2026, dont plus de la moitié à l'aéroport international de Douala et 45 % à Yaoundé-Nsimalen. Cette alerte a été lancée le 10 septembre 2026 à Yaoundé, lors de la session annuelle du Comité national de prévention du risque aviaire et animalier, qui réunit le ministère des Transports, l'Autorité aéronautique nationale (CCAA) ainsi que les autres départements ministériels et acteurs concernés.
Autour de la table, une préoccupation commune : trouver les voies et moyens permettant de réduire durablement le nombre d'impacts occasionnés par ce péril sur les opérations aériennes, et ainsi renforcer la sécurité des vols sur les plateformes aéroportuaires du Cameroun. Selon le gouvernement -représenté par le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngallè Bibèhè, le ministre délégué Njoya Zakariaou, et la directrice générale de la CCAA, Paule Assoumou Koki- « les données collectées montrent que 95 % des collisions surviennent lors des phases critiques d'approche et de décollage, y compris au-delà des limites immédiates des aéroports », précise le communiqué du Comité.
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Plus de la moitié des incidents se produisent à Douala et 45 % à Yaoundé, soit plus de 95 % à eux deux l'aéroport international de Garoua étant également cité dans le rapport du Comité. Autrement dit, la quasi-totalité des vols opérés sur ces trois plateformes, majoritairement des compagnies internationales, est exposée à ce risque. Entre juin 2022 et mai 2023, la CCAA a réalisé, en collaboration avec le consultant France Aviation Civile Services (Fracs), une étude sur les aéroports de Yaoundé et de Douala. Publié en mai 2025, le rapport révèle que 95 % des collisions aviaires surviennent à moins de 2 000 pieds d'altitude (600 mètres), durant les phases d'approche et de décollage, une zone qui s'étend dans un rayon de 13 km autour de l'aéroport. Il précise également que 70 % des collisions ont lieu à moins de 500 pieds (150 mètres) lors des phases de descente.
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Piège en plein ciel
Pour réduire ce phénomène, le gouvernement affirme qu'une dynamique est déjà à l'œuvre sur le terrain. La CCAA a notamment conduit des études fauniques sur l'aéroport international de Douala, aboutissant à une cartographie précise des espèces les plus dangereuses. Au total, 80 espèces ont été identifiées à Douala et 94 à Yaoundé, parmi lesquelles le milan noir, le héron garde-bœufs, l'aigle huppard ou encore le palmiste africain, présentés comme les espèces les plus à risque. Sur cette base, le Comité entend identifier les zones critiques et orienter les mesures de prévention les plus efficaces.
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Le ministre des Transports a, de son côté, appelé à une synergie interinstitutionnelle impliquant les collectivités locales, les autorités administratives et les administrations sectorielles pour endiguer ce fléau. « Cette prévention est un impératif stratégique de sécurité publique, directement lié à la protection des vies humaines, à la continuité des opérations aériennes et à la compétitivité de nos plateformes aéroportuaires », a déclaré Jean Ernest Massena Ngallè Bibèhè.
Entre 2018 et 2022, 135 impacts d'oiseaux ont été enregistrés à l'aéroport de Douala, dont deux ayant conduit à l'immobilisation des aéronefs concernés, selon la CCAA. Sur la même période, l'Autorité aéronautique révèle que 84 incidents similaires ont été recensés à l'aéroport de Yaoundé, également liés à des immobilisations d'appareils.











