La compagnie britannique A&S Resources Limited a annoncé, le 5 septembre 2026, avoir obtenu un financement de 6 milliards de dollars (environ 3 600 milliards de FCFA) de la Banque d’export-importation de l’Inde (Exim Bank) pour construire une ligne ferroviaire reliant la République centrafricaine (RCA) au Cameroun. Ce corridor logistique vise à exporter le minerai de fer centrafricain vers les marchés internationaux via le port en eau profonde de Kribi. Selon le communiqué publié par l’entreprise depuis Londres, cette levée de fonds permet de franchir « une étape importante vers le développement de l’une des plus grandes réserves inexploitées de minerai de fer de haute qualité au monde ».
À ce stade toutefois, aucune communication publique d’Exim Bank India ne confirme l’octroi de ce financement, ni ses modalités : maturité, taux d’intérêt, garanties, conditions de décaissement ou calendrier de mobilisation
Ce projet d'infrastructure s'articule autour de l'exploitation des gisements miniers de Bakala/Topa et Bogoin, situés respectivement dans les préfectures de la Ouaka (au centre de la RCA) et de l'Ombella-M'Poko (au sud-ouest). L'entreprise britannique affirme que ces permis abritent un potentiel de plus de 20 milliards de tonnes de fer à haute teneur (64,5 %), d'une valeur brute in situ estimée à 2 500 milliards de dollars (près de 1 500 000 milliards de FCFA). Pour évacuer cette ressource, le plan de développement prévoit la construction d'environ 1 350 km de voie ferrée lourde à double voie par l'entreprise chinoise China Railway Sixth Group (CRSG). L'enveloppe prévisionnelle de 6 milliards de dollars est destinée à financer ces travaux pour garantir une capacité de fret quotidienne comprise entre 250 000 et 300 000 tonnes.
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S'il venait à se concrétiser, ce corridor transfrontalier devrait désenclaver la RCA en générant une alternative ferroviaire directe au corridor routier Douala-Bangui pour les échanges commerciaux extérieurs du pays, tout en dopant l'activité du complexe industrialo-portuaire de Kribi. Sollicités par EcoMatin pour confirmer l'existence d'accords interétatiques liant Yaoundé et Bangui sur ce tracé, ou la délivrance effective d'autorisations pour les études topographiques que A&S Resources affirme être en cours, les ministères camerounais des Mines (Minmidt) et des Transports, ainsi que le Port autonome de Kribi et les autorités centrafricaines, n'ont formulé aucun commentaire officiel à ce stade.
Le calendrier affiché appelle également à la prudence. A&S Resources évoque une mobilisation opérationnelle à la fin de 2026, alors que son communiqué indique parallèlement que les études topographiques et techniques ont commencé. À quatre mois de cette échéance au moment de l’annonce, le groupe ne précise pas quelle portion des 1 350 km aurait déjà fait l’objet de travaux ni le calendrier détaillé de construction. Dans la zone CEMAC, ce dossier s'inscrit dans un contexte où les projets de corridors miniers transfrontaliers, à l'instar de l'exploitation du fer de Mbalam-Nabeba entre le Cameroun et le Congo, font face à des lenteurs administratives et des structurations financières complexes.
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