Une nouvelle alliance américano-britannique se positionne dans la course mondiale pour le contrôle des chaînes d'approvisionnement en Afrique centrale. L'américain M2i Global et le britannique Evrensel Impact Group (EIG) ont annoncé, jeudi 30 juillet, la signature d'un accord visant à identifier et développer des projets de minéraux critiques sur le continent, en ciblant particulièrement des marchés comme le Cameroun et la République centrafricaine (RCA). « Nous pensons que cette collaboration proposée représente une opportunité d'élargir l'accès de M2i Global aux opportunités stratégiques de minéraux critiques grâce au réseau croissant de relations gouvernementales d'EIG à travers l'Afrique », a déclaré Alberto Rosende, PDG de M2i Global.
L'entente, bien que non contraignante à ce stade, jette les bases d'une coopération entre M2i Global, basée dans le Nevada et spécialisée dans la sécurisation des métaux indispensables à la défense nationale américaine, et EIG, un groupe de conseil dirigé par le financier britannique Anthony Moore. Cette alliance s'inscrit dans une dynamique plus large où Washington et Londres cherchent à contrer l'hégémonie asiatique en créant un pipeline d'investissements à long terme dans des juridictions riches en ressources. Si EIG a déjà tissé sa toile en République démocratique du Congo (RDC), en Zambie ou au Zimbabwe, le groupe cible désormais activement le bloc d'Afrique centrale.
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Toutefois, cette annonce relève pour l'heure d'une manœuvre de positionnement. À ce stade, ni M2i Global ni son partenaire britannique ne revendiquent la détention de permis miniers au Cameroun ou en RCA, pas plus qu'ils n'ont dévoilé de montants d'investissements consentis. Ce mémorandum d'entente établit un simple cadre exploratoire soumis, en cas de découverte, à des négociations ultérieures et aux approbations gouvernementales d'usage.
Au Cameroun, cette offensive de l'axe anglo-saxon trouve un écho particulièrement favorable. Lors d'une conférence de presse tenue le 15 juillet dernier, les autorités de Yaoundé ont clairement identifié les États-Unis et la Grande-Bretagne comme des partenaires de premier plan pour le développement de ses matières premières. Le sous-sol camerounais regorge d'opportunités encore vierges qui attisent les convoitises occidentales, à l'instar des projets de minéraux critiques dans la zone de Minta (région du Centre), où est impliqué le géant américain Tronox — des projets appelés à devenir des leviers majeurs de diversification économique pour le pays.
En République centrafricaine, en revanche, la percée de M2i Global et d'Evrensel Impact s'annonce plus complexe face à un échiquier géopolitique déjà très disputé. Si Bangui cherche des partenaires internationaux capables de garantir un développement responsable, les nouveaux entrants devront composer avec des acteurs déjà solidement implantés. À titre d'exemple, Bangui a octroyé en 2025 à la firme canadienne CMVR un contrat d'exclusivité d'une durée de 25 ans pour l'exploration et l'exploitation d'une large gamme de minéraux critiques, incluant l'uranium. Une réalité de terrain qui oblige la nouvelle alliance américano-britannique à accélérer ses tractations diplomatiques si elle souhaite sécuriser des gisements dans cette région hautement disputée.
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