La production centrafricaine de diamants s'effondrerait de 53 % au cours de l’année 2026, selon les nouvelles projections de la BEAC. Dans l’annexe de son rapport du Comité de politique monétaire (CPM) de septembre récemment publié, la banque centrale estime que celle-ci devrait passer de 80 600 carats en 2025 à 38 100 carats à fin 2026. Cette nouvelle projection vient doucher les espoirs de l'édition de juin dernier du même document, qui tablait plutôt sur une légère hausse de 3,3 % des volumes, pour atteindre 83 300 carats. La détérioration des prévisions est d’environ 45 200 carats, soit une violente révision de 54,2 % à la baisse en seulement trois mois d’intervalle.
L’institution monétaire ne révèle pas les raisons exactes de cette dégradation, qui intervient pourtant deux ans après la levée totale de l'embargo sur les exportations centrafricaines par le Processus de Kimberley en novembre 2024. Une décision qui avait alors fait exploser les exportations à 112 807 carats cette année-là, d’après les statistiques du Bureau d’Évaluation et de Contrôle de Diamant et Or (BECDOR). En l’absence d'explications officielles, et outre la contrebande souvent décriée dans le pays, il faut souligner que les diamants naturels traversent l'une des plus graves crises de leur histoire.
Ces pierres ont perdu plus de la moitié de leur valeur au cours des cinq dernières années. En moyenne, un diamant d’un carat se vend désormais à 3 898 dollars, soit 51 % de moins que son prix moyen de 8 007 dollars en 2021, selon les données de la plateforme de négociation Rapaport Group. L’indice Diamond Standard, qui suit les prix des diamants dits de qualité investissement, a d'ailleurs touché le fond début août à 2 490 points, son niveau historique le plus bas. Les experts du secteur attribuent cette tendance à la surabondance de l'offre et à l'essor des diamants de synthèse fabriqués en laboratoire, qui coûtent 80 à 90 % moins cher.
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En RCA, où les recettes d’exportation du diamant n’ont atteint que 4,6 milliards de FCFA en 2025 (loin derrière l’or), la production reste quasi exclusivement artisanale. Elle se limite aux huit zones conformes au Processus de Kimberley sur les 25 recensées, notamment Boda, Berbérati, M’baïki, Boganangone, Boganda, Gadzi, Carnot et Nola. Ces localités constituent le cœur de la production nationale autorisée à l’exportation.
Par ailleurs, selon le rapport ITIE 2023, le cadastre minier fait état de cinq permis d’exploitation de petites mines détenus par des acteurs étrangers, notamment chinois : Société IMC (deux permis), Société HW Lepo Semga, Société Gold Zhiu Zun SA (GZZ) et Société Huaxin Mining Co. Ltd.
En revanche, l’or — qui, associé au diamant, représente 68 % des contributions du secteur extractif aux exportations centrafricaines (en parallèle des produits forestiers) — devrait atteindre un volume record de 8 tonnes en 2026, contre 7,4 tonnes en 2025, selon les projections de la BEAC. Bien que favorisée par de nouvelles réformes sectorielles, cette tendance haussière subit, elle aussi, une révision à la baisse par rapport aux prévisions de juin dernier, qui espéraient une production aurifère encore plus importante de 9,3 tonnes au terme de l'année en cours.
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