La compagnie aérienne publique Emirates Airline, fleuron détenu par l'émirat de Dubaï, envisage d'ouvrir une ligne directe vers la Guinée équatoriale, ce qui marquerait les prémices de sa première incursion en Afrique centrale. L'aviation constituant un pilier stratégique de la diplomatie de ce pays du Golfe, le projet a été directement porté par le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, Cheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, lors de discussions bilatérales avec le vice-président équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York. Face à un volume d'échanges commerciaux jugé encore trop faible, les deux délégations ont officiellement convenu de « placer l'aviation civile parmi les secteurs prioritaires pour le développement de la coopération bilatérale », a indiqué le bureau de presse de la vice-présidence équato-guinéenne, le 25 septembre.
Cette offensive diplomatique et commerciale s'articule autour d'intérêts stratégiques convergents. Pour Malabo, plus petit producteur de pétrole de l'OPEP, l'enjeu est d'attirer de nouveaux capitaux pour relancer l'exploration de son domaine pétrolier, tout en accélérant la diversification de son économie vers les services et le tourisme. L'ouverture d'une desserte par Emirates viendrait ainsi soutenir la politique de séduction internationale du pays, symbolisée par la récente inauguration de sa nouvelle capitale administrative, Ciudad de la Paz.
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Côté émirati, l'objectif est de conquérir un nouveau marché et combler un vide géographique, la compagnie n'opérant à ce jour aucun vol en zone CEMAC malgré un hub mondial connectant massivement l'Europe, les Amériques, l'Asie et le reste du continent africain.
L'aboutissement de ces tractations pourrait entraîner des retombées directes sur l'architecture macroéconomique du pays et sur le paysage concurrentiel sous-régional. En Guinée équatoriale, où la dépendance aux hydrocarbures reste massive (le pétrole représentera encore 72 % des recettes du budget de l'État pour l'exercice 2027, arrêté à 1 119 milliards de FCFA, selon le gouvernement), l'arrivée du transporteur de Dubaï faciliterait les flux d'investissements directs étrangers (IDE) indispensables à la transition économique.
À l'échelle de l'Afrique centrale, l'irruption d'un mastodonte de la taille d'Emirates viendrait bousculer le ciel de la CEMAC et intensifierait la concurrence, particulièrement face à Ethiopian Airlines ou Air France, jusqu'ici en position de force sur la connectivité entre cette sous-région et le Moyen-Orient ou l'Asie.
Ces négociations interviennent dans un contexte plus large de réajustement des priorités économiques au sein des États de la CEMAC, qui multiplient les alliances pour structurer de nouveaux relais de croissance touristiques et commerciaux. À l'image du Congo, qui a acté le 24 septembre dernier l'établissement de liens diplomatiques avec les Seychelles - destination touristique de référence - ; Malabo affine son réseau de partenaires. La concrétisation de cette liaison directe dépendra désormais des négociations techniques et d'affaires qui doivent se poursuivre à Abu Dhabi, où le vice-président équato-guinéen a été formellement invité pour transformer cette déclaration d'intention en accord commercial définitif.
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