Le 16 août 2025 à N’Djamena, les autorités tchadiennes ont annoncé l’ouverture de discussions avancées avec Fly Emirates, la compagnie nationale des Émirats arabes unis. Ces échanges portent sur l’extension des dessertes aériennes, la création d’un centre de maintenance pour avions et le développement du fret. « Ces échanges s’inscrivent dans la vision du Président de la République de faire de la connectivité un levier central de la transformation économique du Tchad », a déclaré la ministre des Transports, de l’Aviation Civile et de la Météorologie, Fatima Goukouni Weddeye. La rencontre s’est tenue avec la délégation émiratie conduite par le ministre d’État au Commerce extérieur, Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi.
Ces discussions s’inscrivent dans le cadre des préparatifs de la table ronde de financement du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », prévue en novembre prochain à Abou Dhabi. Le gouvernement tchadien entend y formaliser des partenariats stratégiques visant à renforcer les infrastructures logistiques et à diversifier ses connexions aériennes et commerciales.
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N’Djamena a par ailleurs indiqué que les procédures d’attribution des autorisations à la compagnie ont déjà été enclenchées auprès de l’Autorité de l’Aviation Civile. Outre Emirates, des projets ont également été évoqués avec Abu Dhabi Ports, notamment la construction d’un port sec à Moundou.
Emirates, un géant du ciel en quête de relais africains
La compagnie Fly Emirates a transporté plus de 51 millions de passagers en 2024-2025, retrouvant ses niveaux d’avant covid19 et renforçant ses dessertes africaines. Son réseau couvre aujourd’hui plus d’une vingtaine de destinations sur le continent, dont Abidjan, Dakar, Lagos, Accra, Nairobi, Addis-Abeba, Johannesburg ou encore Le Caire. Mais aucune capitale de la CEMAC n’est encore desservie directement. Une entrée par N’Djamena constituerait donc une première stratégique pour la sous-région.
Un marché déjà occupé par des concurrents de taille
Le marché aérien de l’Afrique centrale attire depuis plusieurs années des opérateurs internationaux. Ethiopian Airlines s’est imposée comme un acteur dominant avec ses hubs d’Addis-Abeba et de Lomé, servant de relais pour toute la région. Turkish Airlines, très offensive, dessert Douala, Libreville et Yaoundé avec des connexions vers Istanbul et l’Asie. Air France reste un transporteur historique, reliant Paris à N’Djamena et Douala, tandis que Kenya Airways et RwandAir cherchent à renforcer leur présence régionale. Dans ce paysage compétitif, Emirates viendrait s’ajouter en apportant une connexion directe vers le Golfe et, au-delà, vers l’Asie et l’Europe.
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Selon l’Autorité de l’Aviation Civile du Tchad (ADAC), Brahim Guihini Dadi, seulement 140 000 passagers ont été enregistrés au Tchad en 2024, contre plus de deux millions au Cameroun. Cependant, l’arrivée d’Emirates et la mise en place d’un centre de maintenance aéronautique à N’Djamena pourraient changer la donne. Ces projets visent à faire du Tchad, pays enclavé mais au carrefour de l’Afrique centrale et sahélienne, une plateforme logistique régionale. Le développement du fret aérien offrirait de nouvelles opportunités pour les exportations agricoles et pétrolières du pays, tout en réduisant la dépendance aux hubs d’Afrique de l’Est et du Sud.
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