Le Tchad ambitionne la construction de cinq ports secs d'ici 2030 pour assurer son désenclavement, dynamiser son commerce transfrontalier et moderniser ses chaînes logistiques. Cette ambition a été révélée par le communiqué du ministère des Transports, de l’Aviation Civile et de la Météorologie Nationale, suite à l'installation, le mardi 8 juillet 2025 à N'Djamena, du Comité de suivi de l’accord de concession pour le développement, l’exploitation et la gestion du Port sec d’Amdjarass, une ville située au Nord-Est du pays. Ce projet pilote, visant l'implantation d'un port sec sur une superficie de 150 hectares, a pour objectif de faire du Tchad « un véritable hub logistique régional », selon les prévisions des autorités tchadiennes.
Ce projet survient dans un contexte où le Tchad cherche activement à diversifier ses sources d'approvisionnement. Pays enclavé et fortement dépendant des importations, il a notamment engagé des négociations avec la Guinée Équatoriale pour acheminer ses marchandises par les ports de Bata et Malabo, afin de contourner les longues attentes de transbordement souvent rencontrées au port camerounais de Douala. D’après le gouvernement, le Comité de suivi du Port sec d'Amdjarass, intégrant des hauts cadres ministériels (Transports, Infrastructures, Finances, Commerce, Télécommunications, Environnement) et des représentants du concessionnaire A3M ONE/A3M AFRICA, est chargé d'assurer la coordination, le suivi technique et l'anticipation des défis, garantissant ainsi la transparence et l'efficacité de ce projet stratégique.
Lire aussi :Transport aérien : Royal Air Maroc de retour au Tchad après cinq ans d'absence
La mise en œuvre de ces cinq ports secs pourrait avoir des répercussions considérables sur l'économie tchadienne. Elle est censée non seulement désenclaver le pays et stimuler le commerce. Bien que le coût exact ainsi que les localités d’implantation des autres ports, en dehors d’Amdjarass, ne soient pas rendus publics, ces infrastructures s'inscrivent dans le cadre du Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 », un programme ambitieux de 18 000 milliards FCFA (30 milliards USD) d'investissements. Ce plan vise une croissance annuelle moyenne du PIB réel de 8%, le passage du Tchad au groupe des économies à revenu intermédiaire, et des améliorations substantielles dans des domaines clés tels que l'accès à l'électricité et à l'eau potable, l'espérance de vie, le réseau routier et la production agricole.
Rappelons que le Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 », adopté le 29 mai et lancé le 4 juin 2025, est la feuille de route globale qui guide cette transformation logistique. Il ambitionne une mutation profonde de l'économie et de la société tchadienne en accélérant le développement des infrastructures stratégiques, en renforçant les politiques sociales, en diversifiant l'économie et en améliorant le climat des affaires. Les ports secs sont des piliers fondamentaux de ce plan, visant à faire du Tchad une destination privilégiée pour les investisseurs et à assurer son développement durable.
Lire aussi : Explosion des impayés : le Tchad va lancer une société de recouvrement pour redresser ses finances

