Dans son récent rapport sur le Cameroun, la Banque africaine de développement (BAD) estime que la captation et le stockage du carbone pourraient créer de nouvelles richesses pour le pays. Selon ses calculs, « la séquestration du carbone devrait augmenter le PIB de 4,49 milliards de dollars », soit environ 2 518 milliards de FCFA.
Mais cette richesse n’apparaît aujourd’hui pas dans le calcul du PIB camerounais.
Pour la BAD, le pays devrait donc intégrer la valeur de ses ressources naturelles dans ses comptes nationaux, notamment celle des forêts qui captent et stockent du carbone. « Pour valoriser le capital naturel, les autorités doivent utiliser un nouveau Système de comptabilité nationale (SCN) qui intègre le capital naturel dans le PIB », recommande l’institution. Autrement dit, la BAD propose au Cameroun de comptabiliser la valeur économique des services rendus par la nature, avant de chercher à les transformer en source de financement du développement.
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Une fois ajusté à la séquestration du carbone, le PIB du Cameroun pourrait augmenter de 10 %, pour atteindre 49,43 milliards de dollars. Au niveau de la zone CEMAC, le Congo, dont le territoire est couvert à 69 % par les forêts, serait le plus gros bénéficiaire : son PIB bondirait de 36,63 % pour atteindre 18,46 milliards de dollars. Il serait suivi par le Gabon, dont les prévisions font état d'une hausse de 21,86 % pour un PIB porté à 25,73 milliards de dollars là où la Cote d’Ivoire, avec un PIB estimé à 72,21 milliards FCFA en 2022, ne verra son PIB croitre que de 2,69%.
À l'échelle sous-régionale, seul le Congo semble aujourd'hui plus avancé dans la mise en œuvre de cette réforme. Le gouvernement de Brazzaville en prépare l'application depuis août 2025, grâce à un financement de 602 000 dollars (environ 380 millions de FCFA) accordé par la BAD. Le Gabon, de son côté, s'est limité à annoncer, en août 2025, son projet d'intégrer, la valeur des forêts dans le calcul de son PIB. Cette annonce, faite par Louis Pierrette Mvono, la ministre de la Planification et de la Prospective sur la chaîne de télévision Gabon 24, ne semble pas avoir connu de concrétisation depuis lors.
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Au Cameroun, la Banque mondiale évaluait à 35 630 milliards FCFA la valeur du carbone stocké par les forêts camerounaises en 2020. Mais cette valeur économique reste largement théorique pour le pays : seulement 0,3 % de la valeur totale des services rendus par ses écosystèmes forestiers lui bénéficie directement.
La BAD ne précise pas les modalités concrètes de captation de ces financements, mais plusieurs pistes se dégagent. La vente de crédits carbone, générés par la protection des forêts ou la capture de carbone, constitue une source de revenus directs sur les marchés internationaux. Les investissements dans les infrastructures et la gestion forestière créeraient par ailleurs des emplois. Enfin, ces projets durables attireraient des financements verts auprès de bailleurs comme le FMI, la Banque mondiale ou des fonds privés.
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