La diaspora camerounaise est estimée à environ 6 millions de personnes. Ce chiffre pourrait toutefois dépasser le double. Si l'on considère 5 millions de Camerounais actifs à l'étranger, ayant chacun au moins trois enfants, la diaspora élargie atteindrait environ 15 millions de personnes. Or, sa contribution au PIB (25 784,3 milliards FCFA) n'est évaluée qu'à 1 % (2023) contre 25% dans certains pays, selon les données présentées par les consultants de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), lors des consultations tenues le 29 septembre 2026 au siège de la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac), à Yaoundé.
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Faute de données fiables sur les comportements financiers de la diaspora en Afrique centrale, ces chiffres ne sont que des estimations car, de nombreuses questions restent en suspens : combien transfère-t-elle réellement ? Dans quel cadre investit-elle ? Quels frais supporte-t-elle ? Quels produits financiers recherche-t-elle ? Dans quelles conditions serait-elle prête à investir davantage dans les pays d'origine ? Et surtout, comment mieux mobiliser ces ressources pour soutenir la transformation économique de la région ?
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C’est pour répondre ces préoccupations que le gouvernement camerounais à travers le ministère des Relations extérieures, prépare l’élaboration de la Stratégie nationale de mobilisation de la diaspora camerounaise et de son plan d’action. Yaoundé est soutenu dans cette initiative par l’OIM dans le cadre d’un programme pilote de deux ans ; de février 2025 à janvier 2027, qui cible l’étude des Camerounais vivant en France, aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada. « Cette initiative répond à la volonté du gouvernement de renforcer les liens entre le Cameroun et ses ressortissants établis à l’étranger afin de valoriser pleinement leurs compétences, leurs investissements, leurs réseaux, leur expertise et leur engagement dans le développement économique, social, culturel, scientifique et territorial du pays », indiquent les parties prenantes.
Pour le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, cette « initiative permettrait de mieux intégrer les contributions de la diaspora dans les politiques publiques et le développement économique du Cameroun ». Il justifie cette démarche par le fait que les économies de la sous-région « ont besoin de ressources, qu'elles soient financières, humaines, culturelles, entrepreneuriales ou technologiques, pour accélérer leur transformation structurelle. Cette transformation structurelle que nous souhaitons ne saurait reposer exclusivement sur l'endettement public, sur l'aide publique au développement ou sur les investissements étrangers. Elle doit également s'appuyer sur nos propres forces, notamment la mobilisation de notre épargne, la valorisation de notre capacité d'innovation, le renforcement de l'intégration économique et financière », a-t-il ajouté.
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En attendant des résolutions concrètes de ces travaux, présidés par le gouverneur de la Banque centrale, plusieurs attentes de la diaspora camerounaise ont été évoquées : un climat des affaires sain, ainsi qu'un cadre légal de confiance, avec notamment la question de la double nationalité et celle de la pleine participation électorale.
Pour rappel, flux de fonds transférés par les Camerounais de l'étranger ont bondi de 157 % en dix ans, passant de 269 millions de dollars (153,8 milliards FCFA) en 2016 à 690 millions de dollars (environ 394,51 milliards FCFA) en 2025, selon le Fonds international de développement agricole (Fida). Ces ressources pourraient encore croître car, le pays veut mobiliser 2 000 milliards FCFA auprès de sa diaspora sur les dix prochaines années, pour financer ses infrastructures. C'est l'objet du projet Diaspora pour le développement (Diasdev), porté par la Caisse des dépôts et consignations (CDEC), qui vise à transformer une partie de l'épargne des Camerounais de l'étranger en source durable de financement de l'économie.
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