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Politiques Publiques

Congo : pourquoi le gouvernement veut recalculer son PIB 

Toujours fondés sur le Système de comptabilité nationale de 1993, les comptes économiques du Congo vont être entièrement révisés.

Publiée jeudi 16 juillet 2026 à 16:41:58Modifiée jeudi 16 juillet 2026 à 16:42:00Temps de lecture 5 minPar Marius Zogo

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Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective du Congo

En août 2025, le Congo et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé un accord de don de 602 000 dollars(environ 380 millions de FCFA) destiné au rebasage des comptes nationaux, une opération technique visant à actualiser l'année de référence utilisée pour mesurer la richesse produite par l'économie. Dans une interview accordée le 15 juillet à l'agence Les Dépêches de Brazzaville, Ludovic Ngatsé, ministre de l'Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective, est revenu sur les enjeux de cette réforme statistique.

S'arrimer aux standards internationaux

Selon le ministre, le Congo utilise encore le Système de comptabilité nationale (SCN) de 1993, alors que la norme internationale en vigueur est désormais le SCN 2008, avant une transition progressive vers le SCN 2025. Le rebasage permettra ainsi d'actualiser l'année de référence des comptes nationaux afin de mieux refléter la structure actuelle de l'économie congolaise.

Lire aussi : Congo : le gouvernement relève son budget 2026 de 9 % grâce à de meilleures perspectives pétrolières

« Il s'agit, pour le gouvernement, d'aligner le Congo sur les bonnes pratiques internationales qui recommandent d'actualiser l'année de base tous les dix ans, afin que les comptes nationaux reflètent mieux la structure réelle de l'économie. La migration vers le Système de comptabilité nationale 2008 va dans le même sens. Elle permet d'aligner nos méthodes de calcul sur la norme internationale actuellement en vigueur », explique Ludovic Ngatsé. Pour le membre du gouvernement, cette réforme doit permettre de disposer d'un produit intérieur brut (PIB) « plus proche de l'économie réelle », de renforcer la crédibilité des statistiques nationales et d'améliorer la qualité des données utilisées pour orienter les politiques publiques et attirer les investisseurs.

Lire aussi : Congo : vers une hausse de 7 % du budget 2026

« Le Congo fait le choix de la transparence, de la crédibilité et de la responsabilité. En adoptant les standards du SCN 2008 et en finalisant le rebasage du PIB, nous voulons disposer d'indicateurs économiques plus modernes, plus fiables et comparables à ceux des autres pays », souligne-t-il. Au-delà de la seule mise à jour méthodologique, le ministre estime que cette opération permettra de mieux intégrer certaines activités économiques encore insuffisamment prises en compte, d'améliorer la mesure de plusieurs secteurs d'activité et de refléter plus fidèlement les transformations du tissu productif national. L'opération devrait également faire baisser la dette publique évaluée à 92,36 % du PIB à fin décembre 2025, dépassant largement le plafond communautaire de la CEMAC fixé à 70 %. 

Mieux valoriser le capital naturel

Le rebasage s'inscrit également dans le prolongement des recommandations formulées par la Banque mondiale en septembre 2025, qui appelait le Congo à mieux valoriser son capital naturel et son capital productif afin d'améliorer son niveau de développement. Le pays dispose en effet d'importants atouts économiques, notamment ses forêts, qui couvrent plus de 69 % du territoire et stockeraient près de 16 milliards de tonnes de carbone, ainsi que son secteur pétrolier. Premier producteur de pétrole brut de la CEMAC, le Congo devrait produire 13,9 millions de barils en 2026, soit 36,3 % de la production régionale, selon les projections de la BEAC. Il devrait également devenir le deuxième producteur de gaz naturel de la sous-région avec 2,121 millions de tonnes, derrière le Cameroun.

Lire aussi : Congo : l’excédent commercial bondit à 556,5 milliards FCFA au premier trimestre, porté par le recul des importations

Si le coût global de l'opération et son calendrier de mise en œuvre restent à préciser, le gouvernement annonce la création d'un comité de pilotage associant l'Institut national de la statistique (INS) afin de coordonner les travaux. « Les principaux risques concernent la disponibilité complète des données, la coordination entre les acteurs et la mobilisation effective des ressources financières nécessaires, aussi bien internes qu'externes. Ces risques sont connus et font l'objet d'un suivi rapproché afin de sécuriser la finalisation du processus dans les meilleurs délais », indique le ministre.

L'intégration des données fiscales constitue l'un des principaux défis du projet. Selon Ludovic Ngatsé, les déclarations statistiques et fiscales des entreprises sont indispensables pour mesurer avec davantage de précision la production, la valeur ajoutée, les investissements, l'emploi et, plus largement, la contribution réelle du secteur privé à la création de richesse nationale.

Lire aussi : Congo : le bras de fer entre actionnaires de la Soremi fait chuter de moitié la production métallurgique

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