L'industrie métallurgique de la République du Congo a vu sa production chuter de 55,9 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l'année précédente, selon le dernier rapport de conjoncture de la Direction générale de l'économie. Cette contre-performance résulte à la fois d'un conflit entre actionnaires de l'entreprise exploitante et de l'épuisement progressif des réserves de cuivre. « Cette évolution est la conséquence, d'une part, du contentieux entre actionnaires de l'entreprise exploitante, ce qui a perturbé la fluidité des canaux de production et de distribution et, d'autre part, de l'épuisement des réserves de minerais de cuivre et de la baisse continue de leur teneur en métal », souligne le document.
Cette paralysie touche la Société de Recherche et d'Exploitation Minière (Soremi), seule unité de première transformation du pays, détenue à 10 % par l'État congolais. Depuis 2020, l'entreprise publique chinoise China National Gold Group (CNG) et le groupe américain Gerald Group, via sa filiale Global Mining, s'opposent devant plusieurs juridictions internationales, notamment aux Îles Vierges britanniques et à Hong Kong, au sujet du contrôle d'une participation majoritaire de 65 %. Ce contentieux freine les investissements et perturbe durablement l'exploitation du site.
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Les effets sur la production sont particulièrement marqués. Entre janvier et mars 2026, la production de cathodes de cuivre s'est contractée de 68,2 %, passant de 1 520 tonnes à 482,8 tonnes. Celle des lingots de zinc a reculé de 35,4 %, à 2 038,3 tonnes. Faute de production suffisante, aucune exportation n'a été enregistrée pour cette filière au cours du trimestre, contribuant à une baisse de 3 % des exportations de biens du Congo, alors que les métaux figuraient historiquement parmi les principales sources de recettes d'exportation du pays.
Cette crise intervient pourtant dans un contexte particulièrement favorable sur les marchés internationaux. Portés par les tensions sur l'offre mondiale et la demande soutenue de la Chine, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et des infrastructures électriques, les cours du cuivre et du zinc ont progressé respectivement de 37,2 %, à 12 830,7 dollars la tonne, et de 14,2 %, à 3 239,6 dollars au premier trimestre 2026.
Pour l'ensemble de l'année, les prévisions tablent sur un marché toujours tendu, avec un cuivre attendu autour de 12 000 dollars la tonne, soit une hausse de 20,6 % par rapport à 2025, tandis que le zinc devrait se maintenir autour de 3 000 dollars. Une conjoncture dont le Congo ne pourra pleinement tirer parti tant que les blocages juridiques et les contraintes géologiques pesant sur la Soremi ne seront pas levés.
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