La société nigériane d'ingénierie Oilserv a annoncé, par voie de communiqué le 16 septembre, la signature d'un protocole d'accord avec l'État gabonais pour le développement et la commercialisation des ressources en hydrocarbures des blocs DEF-3 et D4-5. L'entente a été paraphée par le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, et le président-directeur général du groupe nigérian, Emeka Okwuosa. « Fort de décennies d’expérience éprouvée dans la fourniture d’infrastructures énergétiques complexes, Oilserv apporte au partenariat ses capacités intégrées, son expertise technique et sa profonde compréhension du paysage énergétique africain », a déclaré le dirigeant de la firme à l'issue de la signature.
Concrètement, cet accord vise à monétiser les réserves gazières du pays en dépassant le cadre de la simple extraction. L'entreprise, spécialisée depuis 1995 dans l'ingénierie et la construction de pipelines et d'installations pétrolières (EPCIC), indique que le contrat inclut la création d'infrastructures de transport, de compression et de traitement du gaz. L'objectif affiché par ce partenariat est d'assurer un approvisionnement régulier pour la production d'énergie thermique et le développement industriel du Gabon. À ce stade, le ministère gabonais n'a toutefois publié aucun détail officiel sur les volumes financiers engagés ni sur les clauses contractuelles spécifiques liant les deux parties.
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Cet accord vise, selon le groupe nigérian, à maximiser les rendements de l'État tout en limitant le gaspillage énergétique. D'une part, le Gabon entend capter davantage de valeur ajoutée en transformant localement la future production de gaz pour densifier son réseau électrique, au lieu de s'en tenir à l'exportation brute. D'autre part, la construction d'installations de captage et de traitement devrait significativement freiner le torchage. Selon les données de la Banque mondiale, environ 1,4 million de mètres cubes de gaz sont encore brûlés dans le pays, une déperdition financière et environnementale que ces nouveaux équipements pourraient endiguer.
Le positionnement de ces actifs confirme par ailleurs l'attractivité de la façade maritime gabonaise. Les blocs offshore très profonds DEF-3 et D4-5 se situent dans le sous-bassin sud du pays, entre la zone d'exploration de l'Ogooué et les eaux frontalières de Mayumba. Selon la cartographie sectorielle d'African Energy mise à jour en mai 2025, ces concessions évoluent dans un environnement hautement prospecté, jouxtant des périmètres opérés par des majors internationales : les blocs E11 et E12 du chinois CNOOC, F11 et F12 exploités par l'omanais PetroGas et le norvégien BW Energy, ainsi que le bloc Leopard opéré conjointement par CNOOC et le britannique Shell. L'arrivée de l'opérateur nigérian au milieu de ces multinationales illustre la stratégie de diversification des partenaires initiée par Libreville.
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