Les autorités ivoiriennes ont pris jeudi une série de mesures pour "éradiquer durablement" le fléau de l'orpaillage illégal, dans un délai de six mois, en renforçant notamment la surveillance et en durcissant les sanctions, à l'heure où le sujet suscite de vifs débats dans le pays. L'exploitation illégale de l'or touche plusieurs pays importants producteurs d'Afrique de l'ouest, comme la Côte d'Ivoire et le Ghana. Outre ses conséquences majeures sur les écosystèmes en raison des produits chimiques qui contaminent eaux et sols, elle est une source de financement pour des groupes armés, notamment jihadistes, au Sahel.
Jeudi, le conseil national de sécurité (CNS) qui réunit l'appareil sécuritaire ivoirien s'est félicité de l'engagement pris au début du mois par les préfets de régions "d'éradiquer durablement le fléau de l'orpaillage illégal dans leurs circonscriptions administratives, dans un délai de six mois".
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Le CNS a annoncé une série de mesures venant durcir la répression. Parmi celles-ci, ont été décidés "le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité locales", "l'augmentation substantielle du nombre de brigades" dédiées à la lutte contre l'orpaillage illégal, ou encore "l’intensification de la surveillance fluviale".
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Il est également prévu des mesures de "réhabilitation écologique" des sites concernés et des programmes de réinsertion économique pour les orpailleurs illégaux. Le sujet - qui n'est pas récent - est revenu sur le devant de la scène médiatique ces dernières semaines. En août, l'Office national de l'eau potable (ONEP) et le distributeur national d'eau (SODECI) avaient alerté sur la mauvaise qualité de l'eau des rivières en raison de l'utilisation de mercure par les orpailleurs illégaux.
Les autorités ont reconnu en juillet une situation "fortement préoccupante" et rappelé avoir démantelé 8.500 sites depuis 2021 tandis que l'opposition critique l'inefficacité des mesures prises et la complicité de certains élus locaux. Fin août, à l'occasion de la COP-17 contre la désertification, le ministre ivoirien de l'Environnement Abou Bamba avait lancé une "coalition africaine" pour lutter contre l'exploitation minière illégale. Le fléau de l'orpaillage illégal touche également plusieurs zones d'Amérique du Sud, en Amazonie notamment.
© Agence France Presse
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