Le paysage sidérurgique gabonais poursuit sa transformation. Jeudi 17 septembre, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé à Port-Gentil au lancement de la première production d’une nouvelle unité des Aciéries du Gabon, société du groupe Foberd, qui lui-même s’inscrit dans le dispositif industriel du conglomérat camerounais Fokou. Selon un communiqué de la Présidence de la République, l’installation dotée d'une capacité de 2 500 tonnes par mois, valorise des rebuts ferreux, notamment de la ferraille et d’autres déchets métalliques récupérés et collectés au Gabon, pour produire localement de l’acier destiné notamment au secteur de la construction.
« L’objectif est de développer des capacités capables de répondre prioritairement aux besoins du marché national tout en ouvrant à terme des perspectives vers les marchés de la sous-région », a déclaré Oligui Nguema dans son discours de circonstance.
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La nouvelle unité de Port-Gentil, représentant un investissement de 6 milliards FCFA, vient compléter l’outil industriel développé par Foberd, présent au Gabon depuis 1999. En 2016, le groupe avait mobilisé 26 milliards FCFA pour construire les usines des Aciéries du Gabon d’une capacité annuelle de 70 000 tonnes de barres à verrous destinées à l’armature du béton et de 10 000 tonnes de tubes soudés ; et l’unité de Gaz industriel et médical (GIM Gabon) à Nkok. Le groupe, qui déploie ses activités dans plusieurs pays d’Afrique centrale, cherche désormais à renforcer son intégration industrielle au Gabon, tout en développant ses capacités de transformation locale et ses débouchés régionaux.
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Un marché encore partagé avec les importations
Cette offensive intervient sur un marché où les capacités locales ne couvrent pas encore la totalité de la demande. Jusqu’ici, la production de fer à béton repose notamment sur les Aciéries du Gabon, la Chaudronnerie du Gabon (société privée de droit gabonais)et Soferga (Société du Fer au Gabon). Selon la Direction générale de l’Economie et de la planification fiscale, ces acteurs historiques couvrent ensemble environ 80 % de la demande nationale, le solde étant assuré par les importations. Lesquelles importations ont été officiellement interdites en février 2021 afin de protéger la production locale. En 2024, la production consolidée de la branche a atteint 1,125 million de tonnes, en hausse de 16,7 %, tandis que la production recensée de fer à béton s’est établie à 1,107 million de tonnes, contre 956 670 tonnes en 2023. Le chiffre d’affaires de la branche a atteint 59,2 milliards de FCFA, en hausse de 38,5 %.
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A noter que le renforcement de Foberd intervient surtout quelques mois après le démarrage d’un autre projet industriel majeur. À Nkok, Prometal, groupe sidérurgique basé au Cameroun, construit une usine de 38 milliards FCFA. Le chantier a été lancé le 1er juillet 2026 et doit aboutir à une capacité de 60 000 tonnes de fer à béton par an, complétée par la production de tubes, de tôles et de pointes. Une seconde phase prévoit une transformation plus poussée du minerai de fer.
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