Lors d'une visite surprise à l'entrepôt de l'Office national de sécurité alimentaire (Onasa), le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a adressé une mise en garde ferme aux opérateurs économiques concernant les récents allègements fiscaux consentis par le gouvernement pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et assurer la sécurité alimentaire. « Il ne faut pas que les commerçants s’enrichissent sur la suppression des taxes. Si nous avons supprimé ces taxes, c’est pour les personnes démunies, pour les personnes vulnérables. Les commerçants doivent être honnêtes sur ce point-là. Si l’État fait des efforts, eux aussi doivent en fournir », a prévenu le chef de l’État.
Il convient de souligner que le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin, a signé, le 9 septembre 2026, un arrêté exonérant de droits et taxes une série de produits alimentaires et de matériels agricoles importés. Cette mesure englobe les semences fourragères, les fourrages et les provendes « exclusivement » destinés à l'alimentation du bétail, les équipements de forage, de pompage et d’hydraulique – indispensables à l'élevage et à l'irrigation –, ainsi que les machines, équipements et intrants agricoles dédiés à la production de ces cultures nourricières. Le membre du gouvernement précise par ailleurs que le blé (froment), le maïs, le millet, le riz, de même que les farines (à l'exception de la farine de blé) et les semoules, demeurent totalement exonérés à l'importation.
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Ces mesures interviennent dans un contexte où le pays de Toumaï fait face à une rareté des pluies susceptible d'impacter négativement la production agropastorale ainsi que l'approvisionnement en eau potable. Pour parer à cette situation, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, a prononcé une interdiction d'exportation concernant le mil, le maïs, le riz, le sorgho, le blé et les graines. De son côté, le président Mahamat Idriss Déby Itno a opté pour un changement de stratégie en décidant qu'il n'y aurait pas de vente subventionnée cette année, mais une distribution gratuite à destination de l'ensemble des provinces touchées.
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L'Office national de sécurité alimentaire (Onasa) se veut quant à lui rassurant quant à la disponibilité des stocks pour traverser cette période de sécheresse. « Ma visite ici aujourd’hui dans les locaux de l’Onasa vise à voir ce qu’on a comme stock, ici à N'Djamena et sur l’ensemble du territoire national, si les stocks de sécurité alimentaire sont suffisants pour qu’on puisse passer cette année dans de bonnes conditions. Ils m’ont dit, pas de panique, il n’y a rien à craindre », a déclaré le chef de l'État.
Si les consignes fermes de Mahamat Idriss Déby Itno sont respectées sur le terrain, le pays pourrait matérialiser les prévisions optimistes formulées par les institutions financières internationales. Dans son récent « Baromètre économique », la Banque mondiale table ainsi sur une croissance du PIB de 5,2 % pour 2026 (soit 2,5 % par habitant), un taux d’inflation maîtrisé à 2,2 % - en deçà du plafond communautaire de 3 % fixé par la CEMAC - ainsi qu'un recul du seuil de pauvreté de 3 dollars par jour ramené à 39,5 % d'ici 2028.
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