L’ambition du président Mahamat Idriss Déby Itno de transformer économiquement le Tchad à l’horizon 2030 franchit un premier cap. 17 entreprises ayant conclu des accords d’investissement à l’issue de la table ronde d’Abu Dhabi, tenue en novembre 2025, se sont engagées samedi dernier à injecter 446 milliards Fcfa dans l’économie tchadienne, lors d’une cérémonie présidée à N’Djamena par le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin. À la clé, 7 500 emplois directs sont annoncés. C’est la première concrétisation des promesses d’investissements obtenues il y a près d’un an aux Emirats arabes unis, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) « Tchad Connexion 2030 ».
Le gouvernement tchadien veut élargir cette dynamique. Il lance dans la foulée un appel aux autres investisseurs à suivre le mouvement et à prendre part au forum d’affaires Tchad-France prévu le 25 septembre prochain à Paris. Adopté pour la période 2025-2030, « Tchad Connexion 2030 » repose sur 268 projets et réformes stratégiques, pour un besoin global de financement estimé à 30 milliards de dollars, soit près de 18 000 milliards Fcfa sur six ans.
Le plan vise, notamment, une hausse de 60% du PIB réel à l’horizon 2030, avec une croissance annuelle moyenne ciblée autour de 8%, tout en permettant à 2,5 millions de Tchadiens de sortir de la pauvreté.
Lire aussi : Le Tchad organise une table ronde à Abu Dhabi pour lever 18 000 milliards FCFA
Cette transformation doit passer par les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, le numérique, mais également par l’agriculture, les mines, l’industrie et les services. Le gouvernement entend parallèlement améliorer le climat des affaires, afin de faire davantage de place au capital privé et aux partenariats public-privé. Sur le front social, le plan fixe également des objectifs particulièrement élevés : améliorer l’accès à l’électricité et à l’eau potable, doubler la production agricole, renforcer l’offre éducative et sanitaire et accroître l’accès aux infrastructures numériques. L'enjeu est de faire du développement des infrastructures un levier de diversification de l’économie tchadienne, encore fortement dépendante des hydrocarbures.
EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici
Le gouvernement est conscient que le financement de ces ambitions ne peut pas reposer uniquement sur les ressources publiques. Le schéma retenu combine financement public national, concours des partenaires techniques et financiers et investissements privés. Plus de la moitié des 30 milliards de dollars attendus devrait provenir du secteur privé.
Sur les quelque 30 milliards de dollars du plan, environ 19 milliards de dollars, soit près de 11 000 milliards Fcfa, seront orientés vers des projets structurants. Une part importante de l’effort doit donc être consacrée aux infrastructures susceptibles de réduire les déficits qui freinent encore la transformation de l’économie tchadienne.
Lire aussi: Le Tchad obtient plus de 11 500 milliards FCFA de promesses d’investissement à Abu Dhabi
Dans cette architecture, les 446 milliards Fcfa annoncés par les 17 premières entreprises samedi dernier apparaissent encore modestes au regard des besoins globaux. Ils représentent à peine 2,5 % de l’enveloppe de 18 000 milliards Fcfa recherchée sur six ans. En marge de la cérémonie de samedi, une convention-cadre a été signée avec l’Agence pour la promotion des investissements et des exportations (APEC), Conseil national du patronat tchadien (CNPT) et la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture, des mines et d’artisanat du Tchad (CCIAMA). Celle-ci vise à renforcer la mobilisation du secteur bancaire autour de cette feuille de route.









