Le Conseil des ministres présidé par le président congolais Denis Sassou Nguesso le 30 juin dernier a approuvé la loi de finances rectificative pour le compte de l’exercice 2026, « après un examen serré et une ample discussion ». Le texte doit cependant être examiné et voté au Parlement. Le budget révisé prévoit désormais 2 778 milliards FCFA de recettes, contre 2 550,5 milliards dans la loi de finances initiale, soit une hausse de 227,5 milliards de FCFA (+8,9 %). Les dépenses progressent dans le même temps de 7,7 %pour atteindre 2 551,1 milliards de FCFA.
Au-delà de l'équilibre budgétaire, le gouvernement anticipe un besoin de financement plus important. Les ressources de trésorerie et de financement sont relevées à 1 595,3 milliards de FCFA, contre 1 240,3 milliards initialement, tandis que les charges de trésorerie atteignent 1 812,3 milliards. Il en résulte un déficit prévisionnel de trésorerie de 216,9 milliards de FCFA, que Brazzaville prévoit de compenser grâce à l'excédent budgétaire dégagé sur les opérations budgétaires, selon le communiqué final du Conseil des ministres.
Hausse des revenus pétroliers
Le Conseil des ministres ne donne pas les détails sur l’augmentation des ressources et charges de l’Etat mais la récente note de conjoncture du ministère de l’Économie dévoile les hypothèses à ce collectif budgétaire où la révision des recettes repose principalement sur les revenus pétroliers. Initialement projetés à 965,9 milliards FCFA, ces derniers sont relevés à 1 119,1 milliards FCFA (+15,9 %), en dépit d'un début d'année difficile marqué par une chute de 19,1 % sur un an à 147,1 milliards de FCFA.
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À l'inverse, les recettes fiscales stagnent à 1 255 milliards FCFA, conformément à la loi de finances initiale, tandis que les recettes non fiscales s'établissent à 260,2 milliards FCFA et que les dons sont légèrement réévalués à 80,4 milliards FCFA, contre 79,5 milliards initialement. Du côté des dépenses, l'augmentation est essentiellement portée par les charges de transfert, qui bondissent de 20,6 % pour atteindre 756 milliards FCFA, et par les intérêts de la dette publique, réévalués à 238,1 milliards FCFA (+23,4 %), alors que les dépenses d’investissement (563,7 milliards) et la masse salariale (435 milliards) demeurent strictement inchangées.
Une croissance à 5,5 %
Ces ajustements s'inscrivent dans des perspectives macroéconomiques positives pour le Congo, avec un taux de croissance révisé à 5,5 % pour 2026 contre 4,3 % en 2025 après avoir été projeté à 3,6 % en décembre 2025 puis à 5,3 % en avril par le Comité national économique et financier. Un dynamisme soutenu par les secteurs pétrolier et non pétrolier dont la croissance devrait s'accélérer pour atteindre respectivement 5,6 % et 4,8 %. À moyen terme, le gouvernement table sur une consolidation de la croissance à 6,1 % en 2028 et 7 % en 2029 soit 6,5 % en moyenne annuelle, tandis que l’inflation devrait se stabiliser à 2,7 % en 2026 contre 2,6 % en 2025.
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Sur le plan des finances publiques, Brazzaville anticipe des soldes budgétaires positifs sur toute la période 2027-2029, grâce à des recettes qui frôlent les 3 200 milliards FCFA en 2029 (+3,6 % en moyenne annuelle), tirées par une progression annuelle moyenne de 7,4 % des recettes fiscales. Par ailleurs, les dépenses budgétaires augmenteront progressivement pour s’établir autour de 2 730,4 milliards FCFA en 2029, permettant au solde budgétaire global de base de progresser à un rythme annuel moyen de 8,7 % pour atteindre 459,3 milliards FCFA en 2029, soit environ 5,1 % du PIB.
Pour concrétiser ces objectifs, les orientations stratégiques de l’État pour les trois prochaines années s'articulent notamment autour de la maîtrise et de la rationalisation de la dépense publique, de la restauration de la crédibilité budgétaire, de l’optimisation de la gestion des risques financiers, de la réduction de la dépendance au pétrole, ainsi que du renforcement de la mobilisation des recettes à travers l'élargissement de l’assiette fiscale, etc.
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