Présenté le 30 octobre 2025 devant l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances 2026 du Congo dévoile des prévisions budgétaires prudentes, mais une équation de financement particulièrement serrée. Face aux députés, le ministre des Finances Christian Yoka a reconnu l’existence d’un besoin de financement de 641,5 milliards FCFA. Afin de combler ce gap, le gouvernement de Brazzaville entend aussi bien recourir aussi bien au marché des titres publics de la BEAC qu’aux marchés financiers sous régional et international.
Selon les projections officielles, les ressources budgétaires du pays sont attendues à 2 501,4 milliards FCFA en 2026, contre 2 550,7 milliards FCFA en 2025, traduisant une légère contraction des recettes, notamment sous l’effet du recul anticipé des revenus pétroliers et douaniers. En face, les dépenses budgétaires devraient progresser de 12,3 %, pour atteindre 2 270,2 milliards FCFA, contre 2 198,7 milliards FCFA en 2025. Malgré cette hausse des charges publiques, le gouvernement anticipe un solde budgétaire excédentaire de 280,4 milliards FCFA, contre 352 milliards FCFA un an plus tôt, témoignant d’une orientation toujours prudente de la politique budgétaire.
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Mais c’est au niveau de la trésorerie que la tension apparaît la plus vive. Le projet de loi indique que les ressources de trésorerie (emprunts, financements extérieurs, tirages sur appuis budgétaires) devraient s’élever à 548,9 milliards FCFA, contre 497 milliards FCFA en 2025. En revanche, les charges de trésorerie, essentiellement liées au service de la dette et aux remboursements d’échéances, bondiraient à 1 470,7 milliards FCFA, contre 849 milliards FCFA pour l’exercice en cours. Résultat : un déficit de trésorerie estimé à 921,9 milliards FCFA, dont seulement 234,2 milliards FCFA seraient couverts par l’excédent budgétaire. Le reliquat de 641,5 milliards FCFA constituera donc le gap de financement que Brazzaville devra combler « par diverses sources de financement », a précisé le ministre.
304 milliards FCFA de dette rééchelonnée
Cette projection budgétaire intervient dans un contexte où le Congo rééchelonne discrètement une partie de sa dette intérieure. D’après des informations obtenues par EcoMatin, l’État a récemment procédé à un rééchelonnement partiel de 304,87 milliards FCFA de titres publics, couvrant deux échéances successives : 175,4 milliards FCFA arrivés à maturité entre le 13 et le 19 octobre, et 129,46 milliards FCFA pour la semaine du 20 au 26 octobre. L’opération, conduite dans la plus grande discrétion, a été confiée à deux intermédiaires financiers basés à Brazzaville, le groupe L’Archer et LCB Capital, chargés de renégocier avec les investisseurs de nouveaux délais de remboursement. Certaines obligations auraient été allongées jusqu’à trois ans supplémentaires, offrant un répit à la trésorerie de l’État.
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Cette manœuvre traduit la persistance de tensions de liquidité malgré les efforts engagés depuis le Programme national d’optimisation de la trésorerie (PNOT) lancé en 2024. Ce dernier avait permis de convertir 1 240 milliards FCFA de titres à court terme en obligations à plus longue maturité, tout en générant 250 milliards FCFA de liquidités nouvelles. Mais un an plus tard, les difficultés de financement demeurent.



