En intégrant le capital naturel dans le calcul de ses comptes nationaux, le Cameroun pourrait relever considérablement son PIB selon le rapport pays 2025 de la Banque africaine de Développement (BAD). Cette valorisation prend en compte les ressources renouvelables (forêts, séquestration carbone, potentiel hydroélectrique et solaire) et non renouvelables (pétrole, gaz, minerais).
Selon l’institution de financement, la mise à jour de la base de calcul du produit intérieur brut et des indicateurs économiques du Cameroun, incluant le capital naturel parmi les principaux agrégats macroéconomiques, va mieux refléter les réalités actuelles de son économie.
Plus précisément, en intégrant les éléments de la biodiversité dans le calcul des comptes nationaux, permettra au pays de ressortir un produit intérieur brut ajusté suivant leurs différentes valeurs. Il s’agit entre autres de la séquestration carbone évaluée à 4,9 milliards $ par la BAD et des ressources forestières (200,2 milliards $). Pour ce qui est du potentiel énergétique non encore entièrement exploité, les ressources naturelles du Cameroun sont estimées à 12 000 MW pour l’hydroélectrique et 5,8 kWh/m²/jour pour le solaire. Le capital naturel non renouvelable, quant à lui, est évalué à 7,5 milliards $, représentant 3,4 % de la richesse naturelle du pays.
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Une telle révision statistique ferait mécaniquement baisser les ratios dette/PIB et déficit/PIB, tout en renforçant la crédibilité économique du Cameroun auprès des bailleurs internationaux. Au niveau sous-régional, les pays pairs du Cameroun ont déjà mis le train en marche notamment la République du Congo qui a récemment obtenu un financement de 300 millions FCFA de la BAD pour financer cette réforme statistique ; et le Gabon qui s’est engagé, selon la ministre de la planification et de la Prospective Louise Pierrette Mvondo, au rebasage de ses comptes nationaux pour inclure la valeur de ses forêts dans le calcul de son PIB.
Pour rappel, la contribution du capital naturel à l'économie camerounaise reste marginale à date. « Les rentes issues du capital naturel sont passées de 6,5 % du PIB en 2018 à 4,7 % en 2020, traduisant une baisse de la valorisation économique effective de ces ressources », rapporte la BAD. Bien que le secteur pétrolier reste le principal contributeur direct aux finances publiques avec 762 milliards FCFA de revenus estimés en 2024 (14,9 % des recettes publiques), la filière forestière pour sa part a contribué à 1,1 % des recettes totales sur la dernière décennie.










