À travers une série de communiqués signés le 15 juin 2026, la ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Nalova Lyonga, interpelle 13 970 enseignants du Cameroun en situation irrégulière. Ce constat alarmant fait suite à la consolidation des données issues du récent recensement biométrique et physique du personnel de l'État. Sont principalement concernés des professionnels exerçant notamment dans les lycées d'enseignement général, les Collèges d’enseignement technique (Cetic), les Collèges d’enseignement secondaire (CES), les lycées techniques, ainsi que dans les Écoles normales d'instituteurs.
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Le cas le plus frappant est celui de 1 205 enseignants « déclarés décédés par leurs chefs de structure respectifs à l'occasion de l'opération de recensement biométrique et physique d'avril et mai 2026, qui seraient bien vivants ». Le communiqué officiel révèle que ces personnels ont pourtant été localisés dans des établissements répartis à travers l’ensemble des dix régions du pays. D'autres chiffres s'avèrent tout aussi saisissants, à l'instar de 1 319 d'entre eux identifiés comme « résidents hors du Cameroun ». Le document officiel recense également 475 absentéistes et déserteurs, 392 agents n'appartenant à aucune structure du Minesec, 1 738 enseignants en « situation professionnelle et administrative incohérente », 3 172 autres enregistrés dans une « position inconnue », et enfin le chiffre record de 5 669 abandons de poste.
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Face à ce constat, la ministre Nalova Lyonga accorde un délai de 14 jours aux personnels concernés pour régulariser leur situation administrative. Ces derniers devront fournir des pièces justificatives obligatoires telles qu’une autorisation de sortie du territoire signée par une autorité compétente, une attestation de présence effective au poste mentionnant le taux d’assiduité et la position de gestion, ainsi qu'une copie de l’acte de recrutement accompagnée d'un bulletin de solde récent. Cette fraude massive pèse lourdement sur les finances publiques, d'autant que l'Enseignement secondaire concentre la plus grande part des effectifs de l'État, nombre de ces agents irréguliers continuant de percevoir indûment leur rémunération.
Selon les chiffres du ministère des Finances, à fin mars 2023, le secondaire comptait à lui seul 100 263 agents (le premier poste de la fonction publique), soit 26,63 % des effectifs globaux (376 497 agents) et pas moins de 33,37 % de la masse salariale globale, représentant 101,7 milliards FCFA pour le seul premier trimestre 2023. Sur cette base, l’assainissement du fichier permettrait à l’État d’économiser près de 5 milliards FCFA par trimestre. Ce phénomène n’est cependant pas exclusif au secondaire. En janvier 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, interpellait déjà son homologue de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, révélant que 10 950 agents publics — dont 1 033 relevant de l'Enseignement supérieur — continuaient de déborder le fichier solde de l'État alors qu'ils avaient quitté le territoire national.
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