À fin juin 2026, les arriérés cumulés de la République centrafricaine atteignent 172,91 milliards de FCFA, contre 165,22 milliards trois mois plus tôt. Cette hausse de 7,69 milliards de FCFA, soit 4,65 % en rythme trimestriel, intervient alors que le Trésor a pourtant consacré 20,50 milliards de FCFA au règlement du service de la dette sur la période. Le dernier Bulletin statistique de la dette publique, publié le 7 septembre par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, met en évidence la persistance des tensions de trésorerie auxquelles l'État centrafricain est confronté. Le stock des arriérés représente 15,2 % de la dette publique totale, qui s'établit à 1 136,53 milliards de FCFA à fin juin, contre 1 112,15 milliards de FCFA trois mois auparavant. L'analyse du document montre que la principale difficulté reste concentrée à l'extérieur. En effet, sur les 172,91 milliards de FCFA d'arriérés, 154,37 milliards de FCFA sont dus à des créanciers extérieurs, contre 18,53 milliards de FCFA au titre des engagements intérieurs. La composante extérieure représente ainsi près de 89,3 % du total.
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Surtout, l'essentiel de cette dette n'est pas constitué d'impayés apparus au cours du trimestre. Le bulletin distingue 143,88 milliards de FCFA d'arriérés extérieurs anciens, soit 93,2 % des arriérés extérieurs. Ces créances anciennes représentent à elles seules 83,21 % de l'ensemble des arriérés cumulés et concernent principalement des créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris. Le ministère des Finances et du Budget fait savoir qu'elles sont en attente de renégociations. La structure de ces impayés anciens montre également le poids des intérêts accumulés. Sur les 143,88 milliards de FCFA d'arriérés extérieurs anciens, 74,33 milliards de FCFA correspondent au principal, contre 69,55 milliards d'intérêts. Autrement dit, les intérêts représentent près de la moitié de cette dette ancienne, signe du coût du temps dans la gestion des engagements non apurés. À cela s'ajoutent 10,49 milliards de FCFA d'arriérés extérieurs courants, dont 7,71 milliards de FCFA de principal et 2,78 milliards de FCFA d'intérêts. Le Trésor considère cette nouvelle accumulation comme le reflet des tensions de liquidité à court terme.
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Entre mars et juin 2026, les arriérés extérieurs sont passés de 148,18 à 154,37 milliards de FCFA, soit une progression de 6,19 milliards de FCFA (+4,2 %). Les arriérés bilatéraux, qui passent de 142,40 à 148,34 milliards de FCFA, concentrent l'essentiel de cette hausse, tandis que les arriérés multilatéraux progressent plus légèrement, de 5,76 à 5,95 milliards de FCFA. La dette intérieure impayée n'est pas en reste. Elle passe de 17,04 à 18,53 milliards de FCFA, soit une augmentation de 1,49 milliard (+8,7 %). Elle est constituée à 97 % de principal, soit 18,01 milliards de FCFA, contre seulement 3 % d'intérêts, soit 520 millions de FCFA. Le bulletin précise que cette dette intérieure est essentiellement constituée de dettes sociales et commerciales, et qu'elle représente 1 % du PIB et 10,72 % des arriérés cumulés. Le phénomène des impayés est d'autant plus préoccupant que l'État continue de payer une partie substantielle de ses engagements. Au deuxième trimestre, le service prévisionnel de la dette s'élevait à 25,52 milliards de FCFA, pour des règlements effectifs de 20,50 milliards de FCFA, soit un taux d'exécution de 80,32 %. Mais cette performance masque une différence importante entre les dettes intérieure et extérieure.
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Sur la dette extérieure, seulement 9,07 milliards de FCFA ont été réglés sur les 11,43 milliards prévus, soit un taux d'exécution inférieur à 80 %. Le ministère des Finances et du Budget souligne que cette situation a contribué à l'accumulation des nouveaux arriérés extérieurs courants. En l'absence d'un plan d'apurement progressif, il redoute qu'elle ne finisse par « affecter les relations avec certains partenaires financiers ». À l'inverse, l'État a honoré 86,45 % de son service de la dette intérieure, avec 11,43 milliards de FCFA réglés sur les 13,22 milliards budgétisés dans la loi de finances. Le Trésor explique cette priorité par la nécessité de préserver la crédibilité de la signature de l'État sur le marché régional des titres publics, pour un pays dont les besoins de financement restent élevés. Il a d'ailleurs réussi à lever 36,38 milliards de FCFA d'obligations du Trésor assimilables (OTA) au deuxième trimestre.








