La République centrafricaine poursuit un rythme d’endettement soutenu. Selon le dernier bulletin statistique publié le 28 août par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, l’encours de la dette publique a atteint 61,8 % du PIB à fin juin 2025, contre 58,6 % fin 2024, soit une progression de 4,2 %. Avec ce niveau, le pays enregistre le deuxième taux d’endettement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), derrière le Congo (près de 95 %). En valeur, la dette s’élève désormais à 1 052,32 milliards FCFA, dont 873,07 milliards FCFA d’encours effectif.
La structure de la dette reste dominée par l’intérieur (66,09 %), contre 33,91 % pour l’extérieur. La progression récente résulte principalement d’une mobilisation accrue de financements sur le marché régional. Entre avril et juin, l’État a levé 65 milliards FCFA en obligations assimilables du Trésor (OTA) auprès de la CEMAC, contre seulement 1,1 milliard au premier trimestre. Les décaissements extérieurs ont également bondi, passant de 1,86 milliard à 35,52 milliards FCFA sur la période.
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Le service prévisionnel de la dette est évalué à 30,38 milliards FCFA au troisième trimestre, soit 30,6 % des recettes budgétaires attendues, contre 13,84 milliards au trimestre précédent. Les paiements effectifs représentent 77,5 % du prévisionnel, l’écart étant lié à des rachats de titres pour 12,42 milliards. Si le coût moyen de la dette demeure modéré (1,8 %), avec un portefeuille constitué uniquement de titres à taux fixe, les experts pointent un risque élevé de refinancement, notamment sur la dette intérieure, majoritaire.
Le casse-tête des arriérés
Les arriérés s’accumulent et atteignent 178,46 milliards FCFA à fin juin 2025, contre 176,8 milliards trois mois plus tôt. Sur ce total, 2,3 milliards concernent des arriérés courants, le reste étant constitué de dettes anciennes en renégociation. Plusieurs créanciers bilatéraux concentrent une part significative de ces arriérés, dont la Chine (5,42 milliards FCFA), l’Inde (1,67 milliard) et le Koweït (0,21 milliard). Parmi les dettes extérieures en renégociation, Taïwan détient 63 % des encours, suivi de l’Argentine (14 %), l’Angola (9 %), la Libye (5 %), le Fonds de l’OPEP (4 %), ainsi que l’Irak et la Guinée équatoriale (2 % chacun).
Sur le plan monétaire, la dette est majoritairement libellée en FCFA (67,1 %), suivie du dollar américain (16,7 %), des droits de tirage spéciaux du FMI (8,7 %) et du riyal saoudien (4,5 %). Dans son rapport de viabilité publié le 14 mai 2025, le Fonds monétaire international (FMI) concluait déjà à un risque élevé de surendettement extérieur pour la Centrafrique. L’institution exhorte les autorités à renforcer la mobilisation des recettes domestiques et à limiter le recours aux financements intérieurs de court terme, afin d’éviter une aggravation des tensions budgétaires.
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