En République centrafricaine, le portefeuille de la dette publique s’établit à 997,33 milliards FCFA au 31 décembre 2024, soit près de trois fois le budget 2025 du pays porté à 367,20 milliards FCFA par un collectif budgétaire voté il y a quelques semaines. Ainsi, le ratio dette/PIB atteint désormais 58,6%, soit le deuxième taux le plus élevé au sein de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) derrière le Congo (94,74 % du PIB à fin 2024).
Le gros de cette dette, soit 647,51 milliards FCFA (65%), est dû aux agents économiques intérieurs, tandis que la dette extérieure, elle, s’élève à 349,82 milliards FCFA (35%), selon le bulletin statistique du 4e trimestre consultable sur le site du ministère des Finances et du Budget (Minfib). Ce taux d’endettement de la RCA qui a très peu progressé entre 2023 et 2024 (moins de 2%) reste toutefois en phase avec les normes sous-régionales, qui autorisent les Etats à s’endetter jusqu’à 70% du PIB. Mais, toutes les institutions s’accordent sur le fait que le pays court un risque de surendettement global élevé.
En présentant le projet de loi de finances 2025 à l’Assemblée nationale en décembre dernier, le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, soulignait lui-même que si le pays dispose encore d’une marge de manœuvre, le ratio du service de la dette par rapport aux recettes propres dépassent les normes établies. « En effet, ajoutait-il, le service de la dette absorbe une grande partie des recettes budgétaires, réduisant ainsi l’espace budgétaire disponible pour la réalisation des investissements publics ». Le niveau des arriérés cumulés souligne la gravité de la situation.
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Le rapport susmentionné chiffre lesdits arriérés à 176,33 milliards FCFA au quatrième trimestre 2024 et renseigne qu’à la même période, le service de la dette était de seulement 23,46%. Une situation peu confortable pour un pays qui est en campagne en ce moment pour mobiliser le marché financier autour du financement de son Plan national de développement (PND) 2024-2028, budgétisé à plus de 7 000 milliards FCFA. La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale ont annoncé courant mai dernier qu’elles débloqueraient respectivement 201 milliards FCFA et 700 milliards FCFA au profit de ce plan stratégique qui vise à doter la République centrafricaine d’infrastructures essentielles.
Si les bonnes intentions de ces deux institutions financières se concrétisent à travers des décaissements diligents cette année, ces fonds viendront donner un coup de fouet à la mobilisation des ressources extérieures, qui s’élevaient à seulement 19,91 milliards FCFA au premier trimestre 2025, sur une prévision annuelle de 160,20 milliards FCFA. Soit un taux de mobilisation de seulement 12,43%, « très en deçà de la cible », selon le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre publié par le ministère des Finances et du Budget. Le gouvernement centrafricain prépare par ailleurs l’organisation, ce mois de juin, d’une table-ronde des bailleurs de fonds au Maroc, avec l’ambition de lever au moins 2 014 milliards FCFA.

