En République Centrafricaine, le service de la dette publique continue d’asphyxier les finances de l'État, exerçant une « pression accrue » sur les recettes de l'État au premier trimestre 2026, selon les dernières données du ministère des Finances et du Budget. Au cours de cette période, le Trésor public a effectivement décaissé 20,02 milliards FCFA pour honorer ses engagements financiers, sur une enveloppe prévisionnelle de 22,21 milliards FCFA, soit un taux d'exécution global de 90,14 %. Cette mobilisation des ressources au profit des créanciers s'est faite au détriment des marges de manœuvre budgétaires du pays.
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En effet, la pression sur les liquidités s’est considérablement accentuée. Le service de la dette a englouti à lui seul 40,93 % des recettes collectées à fin mars 2026 (49 milliards FCFA), contre 34,02 % à la même période en 2025. Ce niveau d'exposition représente plus du double du seuil de 20 % admis au sein de la CEMAC. Cette trajectoire traduit un rétrécissement de l'espace budgétaire de Bangui, où près de la moitié des ressources mobilisées est désormais absorbée par le remboursement des créanciers, pouvant au passage, paralyser la capacité du gouvernement à financer les investissements publics prioritaires et les dépenses sociales de base.
Dans le détail, la dette extérieure n'a été honorée qu'à hauteur de 0,37 milliard de FCFA sur 1,94 milliard prévu, tandis que la dette intérieure a été réglée à 96,9 % sur une enveloppe initiale de 20,27 milliards de FCFA. Selon le gouvernement, cette priorité accordée au marché local vise avant tout à préserver la crédibilité de la signature de l'État sur le marché régional des Titres Publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). À l'inverse, ce faible taux d'exécution sur le front externe a favorisé l'accumulation d'arriérés extérieurs courants, une situation qui, selon le ministère des Finances, pourrait « affecter les relations avec certains partenaires financiers en l'absence d'un plan d'apurement progressif ».
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Au fond, le véritable problème de la RCA ne résiderait donc pas tant dans le volume du service de la dette mais au contraire, dans la faiblesse structurelle de ses recettes publiques. Au premier trimestre 2026, les ressources budgétaires collectées n'ont représenté que 13,3 % de l'objectif annuel de 368,7 milliards FCFA inscrit dans la loi de finances. Pour inverser cette tendance Bangui doit accélérer le recouvrement de ses recettes. L'urgence est d'autant plus grande que, d’après les prévisions officielles, le service de la dette devrait tripler pour atteindre un pic historique d’environ 68 milliards FCFA en 2027, avant de s'engager dans une baisse progressive jusqu’en 2045














