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PND 2024-2028, dette, sécurité : en RCA, les lourds chantiers du gouvernement Moloua III

Le gouvernement de 32 membres formé jeudi soir par Faustin Archange Touadera hérite d’un agenda sous tension : mise en œuvre du Plan national de développement 2024-2028, maîtrise d’une dette croissante, relance économique et consolidation sécuritaire.

Publiée vendredi 22 mai 2026 à 14:18:23Modifiée vendredi 22 mai 2026 à 14:18:24Temps de lecture 6 minPar Jean Omer Eyango

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Félix Moloua, Premier ministre de République Centrafricaine

Par un décret signé le 21 mai 2026, le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a dévoilé la composition du troisième gouvernement dirigé par Félix Moloua. Une équipe de 32 membres (quatre ministres d’État, 26 ministres et deux ministres délégués) chargée d’exécuter l’ambitieux Plan national de développement (PND) 2024-2028, véritable boussole économique du troisième mandat du chef de l’État. Derrière les apparences de continuité, ce remaniement révèle pourtant des arbitrages politiques, des promotions ciblées et quelques évictions remarquées.

Les postes stratégiques, inchangés

Dans les couloirs de Bangui, c’est d’abord le départ de Richard Filakota qui retient l’attention. Architecte discret du PND 2024-2028, il faisait partie des technocrates les plus associés à la stratégie de relance économique du pays. Son remplacement par Marc Mandaba au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale sonne comme un réajustement politique à un moment où l’exécutif cherche à accélérer la mobilisation des financements extérieurs. Le nouveau titulaire est une figure du secteur privé, fondateur de SCI Capital S.A et président du conseil d’administration du Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE).

Il avait été au cœur de l’organisation du Caucus africain qu’a accueilli Bangui l’année dernière. Le nouveau ministre devient ainsi un acteur central de la mise en œuvre du PND 2024-2028 qui nécessite la mobilisation de 12 milliards de dollars d’investissements pour financer les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, le numérique et les services sociaux de base. Pour un État dont les recettes budgétaires restent contraintes et fortement dépendantes de l’aide internationale, le défi est autant diplomatique qu’économique.

Le nouveau gouvernement conserve toutefois ses principaux piliers. Hervé Ndoba est maintenu au ministère des Finances et du Budget ; un signal adressé aux partenaires techniques et financiers alors que Bangui tente de préserver ses relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Même logique au ministère des Affaires étrangères, où Sylvie Baïpo-Temon est reconduite afin de poursuivre la diversification diplomatique engagée ces dernières années.

Lire aussi : Centrafrique : un budget de 368 milliards FCFA pour 2026, la pression sur les finances publiques persiste

Rufin Benam-Beltoungou conserve également le très stratégique portefeuille des Mines et de la Géologie, dans un contexte où le gouvernement espère augmenter substantiellement les recettes du secteur extractif dans le budget de l’Etat. Les attentes sont immenses. Diamants, or, terres rares et indices prometteurs dans plusieurs régions doivent permettre à l’État d’accroître ses recettes fiscales et d’attirer des investisseurs. Mais, le chantier reste semé d’embûches : insécurité persistante sur certains sites, faiblesse des infrastructures logistiques, traçabilité des exportations et nécessité de rassurer les partenaires occidentaux, notamment, sur la gouvernance du secteur. 

Autre figure maintenue, Claude Rameaux Bireau reste à la Défense où il devra poursuivre le chantier de reconstruction de l’armée. Dans un pays encore  confronté à plusieurs groupes armés, la sécurité demeure le socle de toute ambition économique. Ceci explique la nomination d’un militaire à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en la personne du général Bienvenu Nzokoue, qui était jusque-là directeur général de la police nationale. Le ministère du Désarmement, de la Démobilisation, de la Réintégration, confié à Henri Wanzet Linguissara, conserve ainsi un rôle clé dans l’application de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation.

Lire aussi : Centrafrique : le président Touadéra nomme un nouveau gouvernement

Ce gouvernement fait également la part belle à plusieurs jeux de chaises musicales. Arthur Bertrand Piri gagne en stature avec le rang de ministre d’État chargé de l’Équipement et des Travaux publics, un portefeuille central dans la mise en œuvre des corridors routiers et des infrastructures du PND.

Évariste Ngamana, fidèle parmi les fidèles de Faustin Archange Touadera, est lui aussi promu ministre d’État chargé de la Communication et porte-parole du gouvernement, en remplacement de Maxime Balalou qui est muté au Commerce et à l’Industrie. Quelques entrants et profils moins exposés émergent également dans cette nouvelle architecture. Outre Marc Mandaba, Roger Andjalandji, un autre entrepreneur et grand soutien de Faustin Archange Touadera, qui occupait jusque-là les fonctions de secrétaire national du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti politique du président de la République, prend les rênes de l’Économie numérique, des Télécommunications et de la Poste, secteur appelé à devenir l’un des leviers de modernisation administrative et financière de l’État.

De nombreux défis à relever 

À Bangui, plusieurs observateurs voient dans ce gouvernement moins une rupture qu’un exécutif de mission. La priorité immédiate sera de transformer le PND en projets bancables capables d’attirer bailleurs, investisseurs privés et partenaires bilatéraux. Routes, énergie, agriculture, télécommunications et industrialisation constituent les principaux axes d’investissement.

Lire aussi : RCA : le budget 2026 dépendra à 44 % des financements extérieurs

Le gouvernement devra aussi composer avec une dette croissante autour de 1050 milliards Fcfa avec un service de la dette qui a absorbé 31% des recettes publiques en 2025 et des arriérés records qui représentent 18% de l’encours de la dette, une forte vulnérabilité sociale et des besoins humanitaires persistants. Au-delà des équilibres politiques, le véritable test du gouvernement Moloua III sera donc économique. Après des années de crises sécuritaires et institutionnelles, la République centrafricaine tente désormais de convaincre qu’elle peut devenir un chantier de reconstruction c

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