La République centrafricaine a transmis à l’Assemblée nationale son projet de loi de finances pour 2026, qui prévoit un budget global de 368,43 milliards FCFA, légèrement supérieur aux 367,2 milliards FCFA attendus en clôture de l’exercice 2025. Bangui affirme maintenir une « prudence fiscale » tout en misant sur une amélioration de la mobilisation des recettes domestiques grâce à la dématérialisation fiscale, au renforcement des contrôles et à l’élargissement de l’assiette.
Selon le document budgétaire, les ressources de l’État proviendront principalement des recettes internes (impôts, douanes et trésor) dont le niveau devrait rester proche des 185 milliards FCFA mobilisés en 2025, tandis que les ressources extérieures (prêts projets, dons projets et appuis budgétaires) devraient compléter le financement, autour d’une enveloppe estimée entre 160 et 170 milliards FCFA. Ces montants permettent de situer le budget global à 368,43 milliards FCFA.
Les dépenses publiques, elles, augmenteraient pour atteindre 396,35 milliards FCFA, en progression de 3,1 % par rapport au plafond de 384,38 milliards FCFA fixé dans la loi rectificative 2025. Cette hausse s’explique par le financement de secteurs jugés prioritaires par le gouvernement Touadéra, notamment les dépenses sociales, les charges administratives, l’organisation du cycle électoral 2026 et plusieurs programmes d’infrastructures. Comme dans le budget précédent, une part importante des dépenses d’investissement sera financée par les partenaires techniques et financiers.
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L’écart entre les ressources prévues et les charges projetées fait ressortir un déficit de 11,97 milliards FCFA. Ce niveau représente une amélioration par rapport au déficit de l’exercice 2025, estimé à 17,18 milliards FCFA. Le gouvernement n’a pas encore détaillé les modalités exactes de financement du déficit, mais Bangui anticipe un mix d’aides budgétaires, de dons, ainsi qu’un possible recours aux marchés financiers régionaux comme en 2025, où l’État a été autorisé à mobiliser jusqu’à 91 milliards FCFA en titres publics.
La RCA doit en parallèle gérer une dette publique consolidée de 1 082,86 milliards FCFA, soit 58,67 % du PIB. L’exécutif annonce maintenir une trajectoire visant à ramener ce ratio à 40 % d’ici 2030, en s’appuyant sur une meilleure mobilisation des recettes et un recours « strictement maîtrisé » à l’endettement extérieur, présenté comme l’un des piliers de la stabilité macroéconomique recherchée.
Malgré un contexte régional instable, Bangui table sur une accélération de la croissance, avec un PIB attendu en hausse de 3,5 % en 2026, contre 3 % anticipés en 2025. L’exécutif prévoit également une inflation stabilisée à 3,6 %, soutenue par l’amélioration des infrastructures, la progression des services numériques et la consolidation graduelle de l’activité dans plusieurs secteurs productifs.









