Alexandre Arrobbio, nouveau représentant du Groupe de la Banque mondiale en République centrafricaine a entamé, le 15 septembre dernier, sa mission à Bangui par un premier échange avec le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba. Au menu : la coopération entre la République centrafricaine et l’institution de Bretton Woods, qui dispose déjà d’un portefeuille conséquent dans le pays et qui se tient aux côtés du gouvernement centrafricain pour l’accompagner dans la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND) 2024-2028, qui est entré cette année dans une phase plus opérationnelle.
Nommé le 1er septembre dernier, cet ancien officier de l’armée française formé à l’académie militaire de Saint-Cyr (1990), qui succède au Rwandais Guido Rurangwa, est fonctionnaire de la Banque mondiale depuis 2005, soit depuis 25 ans. Il sort tout droit de la Tunisie où il a été représentant résident de 2021 à 2026, après avoir piloté les activités de la Banque mondiale en Asie du Sud (2013-2017), puis en Afrique de l’Ouest (2018-2021). Son parcours l’a conduit en Afrique, en Amérique latine, en Asie, en Europe et au Moyen-Orient, principalement dans des pays confrontés, comme la République centrafricaine, à des crises, des transitions politiques ou des situations de fragilité.
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Ses domaines de spécialité couvrent la gestion publique, les finances publiques, les entreprises publiques, les politiques publiques et les questions de gouvernance. Le nouveau représentant, qui est par ailleurs titulaire d’un MBA de la London Business School (2000), arrive dans un pays où les interventions de la Banque mondiale se sont considérablement étoffées. Les données financières de l’institution recensent, au 31 août 2026, 76 projets représentant un montant cumulé d’engagements de 3,15 milliards de dollars. Sur les opérations récentes, la Banque mondiale a approuvé, le 12 juin dernier, 90 millions de dollars pour la composante centrafricaine du corridor économique Douala-Bangui, destiné à réhabiliter les infrastructures, améliorer la sécurité routière et réduire les coûts du transport.
Ce corridor de 1 400 km assure en effet plus de 80% du commerce extérieur centrafricain. Dans le secteur énergétique, la RCA bénéficie également du programme régional Distributed Access through Renewable Energy Scale-up (DARES), qui vise à faciliter l’accès décentralisé aux énergies renouvelables. La première phase, également approuvée en juin dernier, prévoit l’extension de l’accès à l’électricité grâce aux solutions solaires décentralisées, mini-réseaux et systèmes solaires individuels. La RCA fait partie des quatre pays bénéficiaires de cette enveloppe régionale de 200 millions de dollars.
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S’y ajoutent le Projet des villes inclusives et résilientes (PROVIR), doté de 70 millions de dollars, auquel s’ajoutent 9,175 millions de dollars du Fonds pour les pays les moins avancés (LDCF) administré par le Global Environment Facility (GEF), qui est un instrument financier multilatéral créé en 2001 (COP7) pour l’adaptation aux changements climatiques dans les pays les moins avancés. Il y a également le projet de filets sociaux adaptatifs Ndoyé, doté de 52 millions de dollars, entre autres. Au-delà des projets, la Banque se déploie également sur le terrain des finances publiques. Un rapport publié le 2 juillet dernier par l’institution financière appelle Bangui à accélérer les réformes de mobilisation des recettes intérieures et de gestion des finances publiques, afin de consolider la stabilité macroéconomique, soutenir la croissance et créer davantage d’emplois. L’autre dossier majeur d’Alexandre Arrobbio sera la transformation des promesses de financement du Programme national de développement (PND) 2024-2028 en décaissements et projets exécutés.
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En septembre 2025, la table ronde de Casablanca organisée par le gouvernement centrafricain, a permis d’obtenir environ 9 milliards de dollars d’engagements sur les 12 milliards de dollars recherchés pour la mise en œuvre de ce plan stratégique. En amont, la Banque mondiale qui est l’un des partenaires techniques et financiers majeurs de la RCA a accompagné le gouvernement centrafricain dans la préparation de cette mobilisation et réaffirmé, lors de la rencontre de haut niveau de Washington du 24 avril 2025, son engagement à soutenir le PND. La mission d’Alexandre Arrobio sera donc d’accélérer le dialogue avec le gouvernement, suivre l’exécution des opérations, sécuriser les décaissements, bref, transformer les engagements pris autour du PND en infrastructures, services publics et activités économiques effectivement livrés.
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