L’Assemblée nationale de la République centrafricaine (RCA) a adopté le 10 décembre 2025 la loi de finances pour l'exercice 2026, dans un contexte marqué par un besoin élevé de financement. Avec un déficit budgétaire projeté à 27,9 milliards FCFA, soit –1,2 % du PIB, l’État devra mobiliser 161 milliards FCFA, représentant 43,7 % des ressources globales, pour assurer l’équilibre du budget. Selon le ministère des Finances et du Budget, cette enveloppe sera largement couverte par l’aide extérieure : plus de 29 milliards FCFA d’appuis budgétaires, près de 125 milliards FCFA de dons-projets et environ 7 milliards FCFA d’emprunts.
La loi de finances, adoptée après près d’un mois de discussions parlementaires, table sur des recettes de 368,7 milliards FCFA en 2026, en légère hausse (+0,4 %). Les recettes propres progressent plus nettement, atteignant 207,1 milliards FCFA (+11 %), portées par une amélioration attendue des performances des régies financières. Dans le détail, l’État prévoit 79 milliards FCFA d’impôts et 52,3 milliards FCFA de recettes du Trésor. Toutefois, la concrétisation de ces objectifs reste incertaine.
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Le déficit est alimenté par une hausse des dépenses, qui augmentent de 3 % pour atteindre 396,7 milliards FCFA. Le gouvernement explique cette évolution par le renforcement des mesures sociales, la progression des dépenses de personnel, l’augmentation des transferts et la montée des charges d’intérêts de la dette, estimées à 26,9 milliards FCFA. Les dépenses primaires hors service de la dette sont évaluées à 237 milliards FCFA. L’investissement public demeure une priorité, avec 142,5 milliards FCFA prévus, dont 9,8 milliards financés sur ressources internes.
Dans son rapport général, la Commission Économie, Finances et Plan formule plusieurs recommandations pour renforcer la mobilisation des recettes et améliorer l’efficacité des dépenses publiques. Elle préconise notamment de poursuivre la digitalisation de la chaîne de recouvrement, de rationaliser les exonérations et de soutenir des structures jugées stratégiques, comme l’Office national du matériel, le Fonds d’entretien routier et le Fonds de développement forestier.

