Dans une lettre-circulaire du 19 août 2026, le ministre des Finances (Minfi) du Cameroun, Louis Paul Motaze, a prescrit un nouveau cycle de recensement et d'audit de la dette flottante de l'État et de ses démembrements, au titre de la période 2020-2025. Cette opération vise, selon le Minfi, à « disposer d'une situation fiable et exhaustive des créances et engagements publics, afin de mieux maîtriser les arriérés et de renforcer la discipline financière ». Le Minfi précise que l'audit des arriérés intérieurs concerne notamment les ministères, les universités d'État, les établissements publics, les collectivités territoriales décentralisées et d'autres structures assimilées. Ces institutions sont invitées à transmettre leurs dossiers à la Direction générale du Budget (DGB) au plus tard le 31 octobre 2026.
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Cette nouvelle vague fait suite à une précédente. En avril 2024, Louis Paul Motaze avait présenté un plan d'apurement dressé au terme d'un audit lancé en 2020, portant sur la dette intérieure de l'État et de ses entités pour la période 2000-2019, alors évaluée à 671,7 milliards de FCFA (environ 1,147 milliard de dollars). Sept catégories de dettes avaient été identifiées, parmi lesquelles la dette salariale, qui absorbait à elle seule 303,3 milliards de FCFA, soit 45 % de l'encours. La dette fiscalo-douanière arrivait en deuxième position, avec 215,8 milliards de FCFA d'impayés sur la période sous revue, suivie de la dette commerciale, de la dette académique (15,6 milliards), de la dette locative (9 milliards), de la dette sociale (5,6 milliards) et des indemnisations (410 millions).
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Le Cameroun s'est ainsi donné sept ans, de 2024 à 2030, pour éponger ces différentes dettes. À fin mai 2026, le ministre des Finances indiquait que le pays avait réglé 463,3 milliards de FCFA (821 millions de dollars) d'arriérés intérieurs entre 2024 et 2025, soit 61,6 % du stock total de dette flottante. Ce stock a toutefois été révisé entretemps à 752,1 milliards de FCFA, en hausse de 80,4 milliards de FCFA par rapport au montant initial - une progression qui pourrait traduire l'accumulation de nouveaux arriérés.
Pour le ministère des Finances, l'opération qui intervient en pleine négociation d'un nouveau programme avec le FMI, « s'inscrit dans la poursuite des efforts du gouvernement visant à renforcer la maîtrise et l'encadrement de la dette publique, notamment celle résultant des engagements pris par les administrations et autres entités publiques. Elle participe également de la volonté de préserver la soutenabilité des finances publiques en limitant l'accumulation d'arriérés et de passifs susceptibles d'alourdir les engagements financiers de l'État ».
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Toutefois, la non-accumulation de nouveaux arriérés reste l'un des critères de convergence de la CEMAC que le Cameroun n'a pas respecté depuis au moins 2018, comme le souligne le Rapport sur l'économie camerounaise en 2025, récemment publié par le ministère de l'Économie, qui précise que l'indicateur « s'est même dégradé ». Cette situation, poursuit le rapport, résulte de la conjugaison de trois facteurs : la sous-performance dans la mobilisation des recettes, des conditions de financement difficiles tant sur le marché intérieur qu'international, et le retard dans la mise en œuvre des réformes structurelles, lequel a empêché le décaissement de certains appuis budgétaires programmés précisément en 2025.









