L'épilogue d'un feuilleton immobilier et judiciaire vieux de dix-sept ans se précise dans la capitale économique. Mandaté par les autorités publiques via la Mission de Gestion et de Sauvegarde de l'Actif résiduel de l'ancienne société nationale des chemins de fer (Regifercam), le Cabinet Conseil Atou a officialisé l'avis de mise aux enchères d'une parcelle urbaine bâtie d'une superficie majeure de 1,07 hectare où se dresse un immeuble de l’homme d’affaires Jean Calaude Fetheu, promoteur de la chaîne hôtelière Djeuga Palace.
L'adjudication se tiendra le vendredi 09 octobre 2026 à 11 heures précises par-devant Maître Jean-Jacques Moukory Eyango, notaire à Douala-Ndokoti, chargé des formalités légales à la Conservation Foncière du Wouri A.
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L'immeuble objet de la vente est situé au quartier Bonadibong, plus précisément au lieu-dit Giratoire Joss. Bordé au nord par le boulevard de la Liberté et à l'est par la rue Koumassi, le site figurait au répertoire foncier sous le titre numéro 2716/WA. Pour cette transaction exceptionnelle, la mise à prix plancher a été fixée à 5,5 milliards de francs CFA, le montant final de l'acquisition devant grimper au gré des surenchères entre les acheteurs. La valeur foncière réelle du terrain étant estimée à près de 10 milliards de francs CFA. Les candidats devront déposer une caution de garantie de 50 millions de francs CFA entre les mains du notaire et s'acquitter du montant final sous huit jours au Trésor public. L'État garantit à l'acquéreur la jouissance effective des lieux, incluant au besoin la prise en charge de la démolition des ouvrages existants.
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La fin d'une concession controversée sur le domaine public
Cette mise en vente fait suite à une décision stricte de réappropriation domaniale. Le site, autrefois occupé par des entrepôts ferroviaires de l'ex-Régifercam, avait fait l'objet d'une concession provisoire en 2008, puis définitive en 2016 au profit de la société hôtelière Djeuga Palace. L'attribution initiale reposait sur un classement en domaine national de deuxième catégorie, réservé aux terres libres de toute occupation. Une qualification contestée par les créanciers de l'entreprise ferroviaire dissoute, en raison de la présence historique d’infrastructures.
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Le dossier a basculé à la suite des conclusions d'un groupe de travail rattaché aux services du Premier Ministre. L'enquête a révélé une occupation totale du terrain de 1,07 hectare, loin des 5 972 mètres carrés déclarés dans les actes officiels de concession. Tirant les conséquences de ces irrégularités, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières a signé le 13 février 2026 l'arrêté rétractant la concession définitive attribuée à l'établissement hôtelier, rappelant le principe selon lequel les manquements à la réglementation foncière annulent tout droit à indemnisation. La remise sur le marché de cet actif permet désormais à l'État de valoriser de manière transparente ce patrimoine réintégré au portefeuille public.
Mais il faut noter que le 21 juillet 2026, le Tribunal administratif du Littoral a suspendu provisoirement les effets de l’arrêté ministériel d’annulation du titre foncier, dans l’attente d’un examen du fond de l’affaire. Il est important de souligner qu’un sursis à exécution ne tranche pas définitivement le litige : il suspend simplement l’application de la décision administrative contestée jusqu’à ce que la justice statue sur le fond.
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