La Société de Recouvrement des Créances du Cameroun (SRC) a publié le 5 juin 2026 une série d'avis de ventes aux enchères publiques portant sur des biens meubles saisis sur dix débiteurs de l'État. Les ventes sont fixées les vendredi 26 et samedi 27 juin 2026, à partir de 10 heures, au parking de l'ancien siège de la SRC, derrière l'immeuble SNI au centre-ville de Yaoundé.
Parmi les personnes visées figurent plusieurs figures emblématiques de l'opération Épervier, lancée en 2006 par les autorités camerounaises. Les biens de l'ancien ministre des Finances Polycarpe Abah Abah, condamné à plusieurs reprises pour détournement de fonds publics, seront notamment mis aux enchères. Sculptures et objets décoratifs saisis doivent être vendus au profit de l'État, plus d'une décennie après les premières décisions judiciaires ayant ordonné la confiscation de son patrimoine.
La SRC poursuit également le recouvrement auprès de Camille Onana A Zom, condamné en 2017 à dix ans de prison par le Tribunal criminel spécial (TCS) pour détournement de deniers publics, ainsi que de Jean-Marie Akono Zé, ancien agent comptable de la CRTV et ex-maire d'Awae, condamné en 2019 dans l'affaire du détournement des recettes de la redevance audiovisuelle. Des biens appartenant à Félix Debeauplan Mekongo Abéga, ancien cadre du ministère des Travaux publics condamné à la prison à vie et toujours recherché par la justice, figurent également sur la liste des actifs saisis.
L'héritage toujours coûteux des banques liquidées
L'autre volet de l'opération concerne les créances résiduelles de plusieurs banques reprises ou liquidées à la suite de la crise bancaire des années 1980 et 1990. La SRC, qui gère ces portefeuilles pour le compte de l'État, cherche à récupérer des prêts demeurés impayés auprès d'anciens emprunteurs ou cautions. Sont notamment concernés des débiteurs liés aux anciennes Amity Bank, NFC Bank, Cameroon Bank (CAMBANK) et Union Bank of Cameroon (UBC). Les biens saisis vont de véhicules de luxe à du matériel informatique, en passant par des stocks de marchandises, du mobilier et des équipements agricoles.
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Pour renforcer son action, la SRC s'appuie désormais sur une Brigade mobile composée de personnels issus notamment de la police, de la gendarmerie, des impôts et des douanes. Chargée d'identifier les patrimoines dissimulés et de localiser les débiteurs, cette unité a déjà permis de repérer de nombreux biens immobiliers et actifs susceptibles de faire l'objet de procédures de recouvrement.
Près de 780 milliards de FCFA encore à récupérer
Les montants encore en jeu demeurent considérables. Au 31 décembre 2024, la SRC évaluait à 194 milliards de FCFA le reliquat des condamnations pécuniaires restant à recouvrer au profit de l'État. À ce montant s'ajoutaient 584 milliards de FCFA de créances bancaires et commerciales héritées des établissements financiers liquidés ou restructurés. Au total, les créances résiduelles gérées par la SRC atteignaient ainsi près de 780 milliards de FCFA à fin 2024. Un niveau qui illustre l'ampleur du chantier de recouvrement engagé par l'État camerounais.
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