Les finances publiques du Tchad se sont dégradées au premier trimestre 2026, comparativement à la même période en 2025. Selon un récent rapport du ministère des Finances, le pays de Toumaï a essuyé un déficit budgétaire de 33,3 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre un excédent de 11 milliards de FCFA un an plus tôt. Ce basculement s'explique par une progression des dépenses publiques plus rapide que celle des recettes : les premières ont bondi de 45,08 % pour atteindre 528,4 milliards de FCFA, tandis que les secondes n'ont augmenté que de 31,92 %, à 495 milliards de FCFA.
Du côté des ressources de l'État, la majorité des postes de recettes ont connu une embellie. Les recettes fiscales (impôts et douanes), qui concentrent 50 % de l'enveloppe totale, ont progressé de 28,71 % pour atteindre 247,5 milliards de FCFA. Les revenus pétroliers ont, pour leur part, bondi de 26,4 milliards de FCFA (+28,7 %) pour s'établir à 118,4 milliards de FCFA. Les recettes issues du Domaine ont en revanche reculé, passant à 4,6 milliards de FCFA (-12,2 %). Côté dépenses, à l'exception des dépenses de biens et services, repliées à 41,6 milliards de FCFA au premier trimestre 2026 (-25,41 %), tous les autres postes ont fortement augmenté. C'est le cas des salaires, à 173,1 milliards de FCFA (+9 %), et des dépenses de transferts, qui ont explosé à 89,1 milliards de FCFA (+344,11 %). Les dépenses d'investissement ont quant à elles atteint 193,8 milliards de FCFA, en hausse de 82,80 %, tandis que les dépenses ordinaires ont progressé de 29,59 % en glissement annuel, à 334,5 milliards de FCFA.
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Sur les trois premiers mois de l'exercice en cours, les dépenses publiques ont été exécutées à hauteur de 20,87 % des prévisions de 2 531,4 milliards de FCFA contenues dans la loi de finances initiale. Les recettes, quant à elles, ont atteint un taux d'exécution de 21,76 % de l'objectif annuel de 2 275 milliards de FCFA. Sur cette base, le Tchad table sur un déficit global de 256,5 milliards de FCFA, correspondant à ses besoins de financement pour l'année.
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Dans son récent rapport sur le Tchad, la Banque africaine de développement (BAD) fait remarquer que le pays « fait face à des défis majeurs dans le domaine de la mobilisation des ressources budgétaires et de l'efficacité des dépenses publiques ». La preuve, selon l'institution : le Tchad ne consacre que 2,5 % de son PIB à l'éducation et 0,9 % à la santé, des niveaux de dépenses inférieurs à la moyenne observée en Afrique subsaharienne. En guise de recommandation, la BAD préconise notamment d'accroître les dépenses publiques en matière d'éducation et d'en améliorer l'efficacité. Celles-ci devraient ainsi passer de 12 % du budget de l'État en 2024 à 20 % à l'horizon 2030, afin d'atteindre la masse critique jugée nécessaire pour produire un réel impact.
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L'institution suggère également d'élargir l'assiette fiscale, afin de réduire la dépendance des recettes publiques aux revenus pétroliers, susceptible de fragiliser l'économie en cas de choc sur les cours du pétrole. Avant 2020, rappelons-le, le Tchad dépendait à hauteur de 60 à 70 % des revenus pétroliers. Au 31 mars 2026, ce secteur ne représente plus que 24 % des ressources globales du pays, et ce, malgré l'embellie observée en glissement annuel.
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