Au 31 mars 2026, le portefeuille actif de la Banque africaine de développement (BAD) en Guinée équatoriale comptait neuf opérations, pour un engagement total de 124 millions d'unités de compte (UC), soit 94,72 milliards de FCFA sur la période allant du 30 octobre 2025 au 31 mars 2026. Toutefois, seuls 21 % de ces financements avaient toutefois été décaissés, laissant 107,9 millions d'UC (82,4 milliards de FCFA) encore à mobiliser. Cette faible exécution se reflète notamment dans le Projet de renforcement du capital humain (PARCH), approuvé en septembre 2025 pour 38,2 milliards FCFA. A fin mars 2026, son taux de décaissement restait est de 0%, selon la Revue de la performance du portefeuille pays (RPPP) 2025, publiée le 15 septembre dernier.
La Banque avait par ailleurs repris ses opérations d’investissement en 2025, après cinq ans d’interruption, motivée par « le profil de risque élevé du pays et sa faible marge d’emprunt ». Le portefeuille est ainsi principalement orienté vers le secteur social, qui représente 42,2 % des engagements, et l’agriculture, avec 38,7 %, devant la gouvernance à 18,3 %. L’énergie et les TIC restent marginaux, avec respectivement 0,3 % et 0,4 %.
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L'évaluation de la BAD qualifie la performance globale du portefeuille d'insatisfaisante. En effet, le rapport indique que « les instruments classés sous alerte représentent 44 % du portefeuille, tandis que 33 % des instruments font l'objet d'un suivi rapproché et seulement 23 % sont jugés satisfaisants ». Ce niveau dépasse largement le seuil maximal de 25 % fixé par la Banque. Néanmoins, le document souligne que la performance du portefeuille montre des signes d'amélioration sur les deux dernières années, la proportion de projets classés sous alerte ayant diminué par rapport au pic de 75 % enregistré en janvier 2024.
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La gestion des fonds reste également un point de vigilance pour la Banque. Le rapport fait état de 207,1 millions de FCFA de dépenses jugées « inéligibles » dans l’ensemble du portefeuille. À cela s’ajoutent des retards dans la transmission des rapports d’audit financiers, qui ont conduit à la suspension des comptes spéciaux du Projet d’appui à la modernisation des finances publiques (PAMF) et du Projet d’appui au développement des chaînes de valeurs dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture (PASPA). Pour obtenir leur réactivation, la BAD dans son rapport demande au gouvernement le remboursement de 94,1 millions de FCFA correspondant à des dépenses jugées inéligibles dans le cadre de ces deux projets.
La BAD explique ces difficultés par une accumulation de goulots d'étranglement administratifs et institutionnels. Le délai moyen de délivrance des avis de non-objection atteint ainsi 32 jours, notamment en raison de la « faible qualité technique des dossiers transmis, de la méconnaissance des procédures de la Banque et de la rareté des compétences spécialisées sur le marché local ». Cette situation, selon l'institution, pousse les unités de gestion à recourir à des consultants internationaux coûteux. Cette faible exécution des financements intervient dans une économie fragilisée par le recul du secteur pétrolier, qui représente encore, selon la BAD, environ 40 % du PIB. En 2025, la production d'hydrocarbures a ainsi chuté de 16,8 %, après plusieurs années de récession, creusant le déficit budgétaire à 2,1 % du PIB et portant la dette publique à 37 % du PIB.
Inès Marie Nga (Stagiaire)












