La Banque islamique de développement (BID) a approuvé, depuis 1976, un portefeuille global de 4,2 milliards de dollars (2 358 milliards FCFA) en faveur du Cameroun, soit 50 ans de coopération. Ce chiffre, révélé ce 14 septembre 2026 à Yaoundé par Rami Ahmad, vice-président des opérations du Groupe de la BID a été confirmé par le Premier ministre Joseph Dion Nguté, à l'occasion de l'ouverture de la Journée du Groupe de la BID au Cameroun, marquée également par le lancement des préparatifs du nouveau Cadre d'engagement pays 2027-2029.
Pour le chef du gouvernement, « ces financements ont bénéficié à des secteurs essentiels, notamment l'agriculture, l'énergie et les infrastructures de transport. Ils couvrent également les secteurs de la santé et de l'éducation, qui occupent une place déterminante dans la construction du capital humain ». La BID intervient aussi bien dans le secteur public que privé, à travers l'assistance technique, les interventions d'urgence, l'appui à la gouvernance et la transition énergétique. C'est dans cette optique que Joseph Dion Ngute a invité le secteur privé à saisir les opportunités de financement offertes par l’institution financière afin de « faire du partenariat avec la BID l'un des leviers de la transformation économique ».
Parmi les projets financés par la BID au Cameroun figurent : le tout premier investissement de l'institution en 1976, d'un montant de 8 millions d'euros, destiné à accompagner la construction du barrage de Song Loulou. À cela s'ajoutent 42 millions d'euros (plus de 30 milliards FCFA) alloués au Programme d'aménagement et de développement intégré de la boucle minière du Dja et de la zone frontalière adjacente (PADI-Dja), plus de 19 milliards FCFA injectés dans la construction des régions du Nord-Ouest, Sud-Ouest et Extrême-Nord. Plus récemment, l'institution basée à Djeddah a confirmé un engagement de 212,35 millions d'euros, soit l'équivalent de 139,3 milliards FCFA, destiné à la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam, qui relie la capitale économique à la capitale régionale de l'Ouest. Ce financement reste toutefois suspendu à la signature d'un décret d'habilitation par le président de la République.
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Selon les données de la Caisse autonome d'amortissement (CAA), la dette du Cameroun envers la BID était estimée à 420,7 milliards FCFA à fin juin 2026, en hausse de 4,8 % en glissement annuel. Dans le même temps, les soldes engagés non décaissés ont bondi, passant de 246,5 milliards FCFA à fin juin 2025 à 332,6 milliards FCFA un an plus tard. Pour le ministère de l'Économie, « cette rencontre de haut niveau s'inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre le Cameroun et le Groupe de la BID, et vise à renforcer le dialogue autour de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, ainsi que des moyens de mobiliser davantage de financements et d'investissements au service des priorités de développement du pays ». Cette initiative n'est pas fortuite. Elle intervient dans un contexte où la Banque africaine de développement (BAD) évalue à 10,9 milliards de dollars le besoin de financement nécessaire pour impulser la transformation structurelle du Cameroun à l'horizon 2030.
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