Le directeur général du groupe Ecobank, Jeremy Awori, a annoncé ce 24 septembre à Lomé un objectif de 2,6 milliards de dollars (environ 1 450 milliards FCFA) d’encours de crédits destinés aux entreprises dirigées par des femmes et aux PME de l’agrobusiness d’ici 2030. L’annonce a été faite à l’occasion de la clôture des célébrations du 40e anniversaire du groupe bancaire panafricain, fondé en 1985 dans la capitale togolaise. Cette enveloppe se répartit entre 2 milliards de dollars pour l’entrepreneuriat féminin et 600 millions de dollars pour les PME des filières agricoles. « Notre continent ne pourra ni s’industrialiser en se limitant au financement des récoltes, ni libérer tout son potentiel si les femmes restent privées d’un accès équitable au capital », a déclaré Jeremy Awori.
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Sur le premier volet, Ecobank veut porter à 2 milliards de dollars le portefeuille de crédits consacré aux entreprises dirigées par des femmes à travers son programme Ellever. Le groupe, qui revendique avoir déjà accompagné plus de 110 000 entreprises féminines, vise 400 000 PME d’ici 2030 et près d’un million de micro-entrepreneures à travers la bancarisation et la formation. Une partie des financements sera adossée à des garanties apportées par des institutions de financement du développement, notamment pour réduire le risque supporté par la banque.
Ecobank prévoit parallèlement de constituer 600 millions de dollars d’encours de crédits dans l’agrobusiness. Contrairement au crédit agricole traditionnel principalement concentré sur la production, le groupe entend intervenir sur l'ensemble de la chaîne : producteurs, agrégateurs, transformateurs, logisticiens, commerçants et exportateurs. L'objectif affiché est notamment de financer davantage la transformation locale et le commerce agricole régional. La banque compte également s'appuyer sur son réseau dans 34 pays africains et sur son marché numérique panafricain, qui revendique plus de 60 000 entreprises connectées, pour développer les transactions entre PME africaines dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Cette accélération du financement intervient toutefois alors qu'Ecobank cherche à améliorer la qualité de son portefeuille. Son ratio de créances douteuses est passé de 6,7 % en 2024 à 9,4 % en 2025. Le groupe prévoit de le ramener entre 6 % et 8 % en 2026, tout en poursuivant la croissance des crédits, notamment dans le financement du commerce et via les canaux numériques. L'annonce intervient après une année 2025 marquée par une forte progression des résultats. Ecobank a enregistré 2,45 milliards de dollars de revenus, en hausse de 17 %, et 801 millions de dollars de bénéfice avant impôt, en progression de 21 %. Son bénéfice attribuable aux actionnaires a atteint 407 millions de dollars, en hausse de 22 %.
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