Les compagnies d’assurance-vie au Cameroun ont fortement augmenté leurs placements dans les titres publics, dont la part dans leur portefeuille est passée de 20,4 % en 2019 à 40,6 % en 2023, selon une étude de la Direction des assurances du ministère des Finances (Minfi). Dans le même temps, les dépôts bancaires ont reculé de 55,9 % à 35,9 %, faisant désormais de la dette des États le premier placement du secteur.
En 2023, les assureurs-vie détenaient 138,1 milliards de FCFA d’obligations et autres valeurs d’État, dont 114,8 milliards localisés au Cameroun. Le Minfi explique cette préférence par la sécurité et la liquidité de ces instruments, mais aussi par « l’étroitesse des possibilités d’investissement qu’offre le marché financier ». Obligations et dépôts bancaires concentrent ainsi plus de 82 % des placements du secteur.
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Mais la progression des placements obligataires ne s’est pas accompagnée d’une amélioration suffisante de leur rendement global. L’étude montre qu’après avoir dépassé la rémunération prévue aux contrats entre 2015 et 2017, le rendement des placements des assureurs-vie lui est globalement inférieur depuis 2018. En 2023, il ressortait à 1,5 %, contre un taux d’intérêt moyen de 2,8 % prévu dans les contrats, soit un écart de 1,3 point.
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Cette situation pose un problème réglementaire plus large car l’article 336 du Code CIMA impose aux compagnies vie de maintenir le revenu net de leurs placements à un niveau au moins égal aux intérêts crédités aux provisions mathématiques, c’est-à-dire à la rémunération comptabilisée au bénéfice des assurés. Or, selon le Minfi, depuis 2018, les intérêts crédités sont globalement supérieurs aux produits financiers nets et la majorité des compagnies examinées ne respecte pas ce critère.
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Le rapport relève également un problème dans la manière dont certaines compagnies comptabilisent la rémunération due à leurs clients. Environ 73 % des assureurs-vie déclarent ne créditer aucun intérêt sur l’épargne accumulée dans les contrats. Pour le Minfi, cela paraît difficilement crédible puisque les contrats d’assurance-vie proposés au Cameroun ne sont généralement pas tous à taux zéro. Cette pratique pourrait donc conduire les compagnies à comptabiliser moins d’argent qu’elles ne devraient réellement mettre de côté pour leurs assurés.










