Le projet Bus Rapid Transit (BRT) de Yaoundé vient de franchir une nouvelle étape. Le 23 septembre 2026, la Communauté urbaine de Yaoundé a lancé la phase préparatoire complémentaire du « TransYaoundé », près de sept ans après l’adoption du Plan de mobilité urbaine soutenable (PMUS) qui avait placé ce système de transport de masse parmi les projets structurants de la capitale. Dans le détail, le projet prévoit un corridor en site propre de 22 km entre Olembé, au nord, et Ahala, au sud, avec 28 stations et, dans sa première phase, 52 bus électriques articulés. La capacité annoncée est de 43 000 passagers par jour. Une seconde phase doit permettre de porter la capacité à 110 000 passagers quotidiens, avec 137 bus.
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«Ce projet vise à doter Yaoundé d'un système de transport public de masse. Ce système va faciliter le déplacement des populations. Les études sont déjà bien avancées et cette phase que nous rendons publique vise à impliquer tous les acteurs et tous les bénéficiaires pour la mise en place d'un système de transport partagé par tous et pour tous », a déclaré Luc Messi Atangana, Maire de la ville de Yaoundé. En effet, s’il est achevé, le BRT permettra, selon l’Assistant en maîtrise d’ouvrage, la vitesse commerciale passera de 20 km/h actuellement, à 50 km/h en site, réduisant de 40 % de temps trajet sur l'axe d'ici 2035. Toute chose qui permettra de désengorger la ville de Yaoundé, qui compte environ 4 millions d’habitants.
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Avec un tarif moyen de 293 FCFA par trajet, le BRT devrait générer 1,5 milliard FCFA de recettes dès sa première année d’exploitation, puis 2,36 milliards en deuxième année. Selon les prévisions de la CUY, les recettes de TransYaoundé devraient doubler en cinq ans à 3,098 milliards FCFA. Ces revenus resteraient toutefois inférieurs aux charges d’exploitation du dispositif. Le modèle prévoit un déficit d’exploitation de 842 millions FCFA en première année et encore 64 millions en deuxième année. L’équilibre serait atteint dès la troisième année, avec un excédent de 265 millions FCFA. « Le modèle mise sur la montée en charge progressive de la fréquentation pour atteindre l’équilibre », peut-on lire dans le document de présentation.
Glissement de date
Le démarrage des travaux dudit projet sont projetés pour 2029, avec une mise en service commerciale repoussée à 2031 selon le nouveau calendrier de la Communauté urbaine. Ce glissement correspond à un énième report quand on sait que lors du lancement de l'initiative Mobilité Verte de la ville de Yaoundé (MoVe Yaoundé) en 2024, les partenaires européens (UE, AFD, BMZ) tablaient initialement sur un début de chantier en 2026 pour une livraison en 2028, une échéance qui avait déjà été décalée une première fois à 2028 dans le Programme d’investissement prioritaire.
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Cette succession de dates illustre surtout la difficulté à faire passer le TransYaoundé du stade des études à celui de l'investissement, comme ce fut le cas pour son jumeau à Douala. Annoncé en 2014, son financement de 473,4 millions de dollars (environ 261 milliards de FCFA), débloqué en 2022 par la Banque mondiale, n'est devenu effectif qu'en octobre 2024. Un an plus tard, les études environnementales bloquaient encore le chantier, imposant une restructuration du projet, avant qu'un premier marché de 18,56 milliards FCFA ne soit enfin attribué à China First Highway Engineering, en juillet 2026, pour aménager 12,594 km de voies de rabattement.
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À noter que l'ossature du projet s'appuie sur les résultats des études de faisabilité et de conception détaillée réalisées entre 2023 et 2025, pour une facture de 4 millions d'euros financée par l'Agence française de développement (AFD), dans le cadre de l'initiative CICLIA. Le besoin de financement global pour la réalisation du BRT de Yaoundé n'est pas encore connu. Toutefois, le Document de programmation économique et budgétaire 2026-2028 révèle que le gouvernement camerounais prévoit d'investir 32 milliards FCFA de financement public dans le projet, tandis que le document de présentation de l'institution française évoque un prêt potentiel de 100 à 180 millions d'euros, avec la possibilité d'un cofinancement d'autres bailleurs européens.















