Le gouvernement équato-guinéen a obtenu, mardi 13 octobre 2026, des engagements portant sur la livraison de 46 000 tonnes de produits pétroliers raffinés d’ici à la fin de l’année. Ces engagements ont été pris par trois distributeurs : TotalEnergies, la compagnie nationale Gepetrol et Tradex, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua. « Le chef du gouvernement a demandé aux distributeurs de mieux anticiper leurs besoins et de signaler rapidement les difficultés susceptibles de perturber le marché », précise le compte rendu officiel.
Les engagements couvrent des livraisons attendues en octobre et les approvisionnements prévus en novembre et décembre. TotalEnergies, qui exploite environ 30 stations-service dans le pays, prévoit deux cargaisons de 10 000 et 11 000 tonnes entre vendredi et samedi, puis 10 000 tonnes en novembre. Gepetrol Servicios, dont le réseau compte 32 points de distribution, attend une livraison de 5 000 tonnes entre le 21 et le 22 octobre. Tradex, qui a porté son réseau à 12 stations en février 2026, prévoit deux livraisons de 5 000 tonnes chacune entre novembre et décembre. Ces volumes restent des prévisions, dont la réalisation dépendra du respect des calendriers annoncés.
Des paiements bloqués à la BEAC, selon les distributeurs
Si le gouvernement presse les distributeurs, ceux-ci n'entendent pas endosser seuls la responsabilité des retards d'approvisionnement à l'origine des pénuries. D'après la note officielle, ils ont signalé des difficultés de transferts internationaux pour payer leurs fournisseurs, qu'ils attribuent à des blocages au niveau de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), ainsi que des délais d'activation des crédits de garantie bancaire. Le Premier ministre a demandé aux départements des Finances et du Trésor d'examiner ces obstacles et de rechercher des solutions, afin que les difficultés de paiement ne retardent pas les importations.
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Cette crise souligne la vulnérabilité de l'approvisionnement en produits raffinés de la Guinée équatoriale, membre de l'OPEP dont la production de pétrole brut se situait entre 50 000 et 60 000 barils par jour en 2025, selon les données de l'organisation. Le pays ne dispose pas d'une raffinerie opérationnelle de grande capacité et dépend des importations de carburants pour alimenter son marché intérieur. Selon le compte rendu officiel, il s'agit de la deuxième crise de carburant depuis le début de l'année.
En juillet 2026, une pénurie avait conduit le gouvernement à organiser une réunion d'urgence. Le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue avait ensuite autorisé un achat urgent de carburant via Gepetrol Servicios, tout en mettant Total en garde contre toute spéculation. Les engagements annoncés en octobre devront désormais se traduire en livraisons effectives, pour éviter de nouvelles ruptures dans les stations-service et leurs répercussions sur les transports et les prix des biens de consommation.
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